L’essentiel à retenir
La SCP médecin partage les honoraires entre associés (pas seulement les charges), sous transparence fiscale totale : chaque associé est imposé en BNC sur sa quote-part de bénéfice, via la déclaration 2035 de la société et sa propre déclaration personnelle. L’article 8 ter du CGI fonde ce régime. Tous les associés sont TNS, affiliés à la CARMF. Aucune possibilité de mise en réserve à taux réduit, aucune rémunération de gérant différenciée.
La SCP est une structure en déclin relatif face à la SELARL, principalement à cause de la responsabilité indéfinie de ses associés sur les dettes sociales et solidaire sur les actes professionnels. Elle reste pertinente pour des cabinets historiques, des groupes à l’égalitarisme assumé, ou des situations où les coûts de transformation en SELARL dépassent les bénéfices attendus. La transformation est possible mais complexe sur le plan fiscal (cessation BNC, plus-values, report art. 151 octies).
Ce que vous devez retenir avant de poursuivre la lecture :
- SCP = partage d’honoraires et exercice commun, pas seulement de charges (c’est la SCM pour les charges seules)
- Transparence fiscale art. 8 ter CGI : chaque associé imposé en BNC sur sa quote-part, déclaration 2035 société obligatoire
- Tous les associés = TNS, cotisations CARMF sur la quote-part de bénéfice
- Responsabilité indéfinie sur les dettes sociales (conjointe), solidaire sur les actes professionnels : le patrimoine personnel est exposé
- Option IS possible mais irrévocable 5 ans et rarement recommandée (ne lève pas la responsabilité indéfinie)
- Contomed accompagne médecins libéraux sur le choix et la transformation de structure, avec simulation comparative sur 5 ans
Ce que nous entendons toutes les semaines
On veut exercer à trois, on nous parle de SCP, de SCM, de SEL, on ne sait plus quoi choisir.
La réponse Contomed : La confusion est normale : ces trois structures portent des noms proches mais des logiques très différentes. La SCP partage les honoraires, la SCM partage les charges, la SELARL crée une société à l’IS. Ce guide explique chacune, avec les critères de choix concrets pour un médecin libéral.
Ce qu’est vraiment une SCP médecin
La Société Civile Professionnelle (SCP) est une forme d’exercice en commun créée par la loi du 29 novembre 1966 (loi n° 66-879). Elle permet à des professionnels d’une même profession réglementée de mettre en commun leur activité et leurs honoraires au sein d’une société civile. Pour les médecins, les règles de constitution sont précisées aux articles R.4113-26 et suivants du Code de la santé publique.
Le principe est simple à énoncer, mais souvent mal compris : dans une SCP, ce sont les honoraires qui sont perçus collectivement puis répartis entre associés. Ce n’est pas une mise en commun de moyens (ça, c’est la société civile de moyens). Ce n’est pas une structure de capitaux permettant de piloter un IS (ça, c’est la SELARL médecin). La SCP, c’est un exercice commun : chaque associé exerce en nom propre au sein de la société, et les actes médicaux sont accomplis sous le nom de la SCP.
Cette distinction est le premier point sur lequel les praticiens se trompent. Un groupe de médecins qui veut uniquement partager un local et un secrétariat n’a pas besoin d’une SCP. Une SCP engage les associés bien au-delà du partage de charges.
La SCP est accessible aux médecins généralistes et spécialistes, aux chirurgiens-dentistes, aux masseurs-kinésithérapeutes, aux sages-femmes, aux pédicures-podologues et, sous conditions, aux infirmiers et orthophonistes. Règle absolue : tous les associés doivent exercer la même profession. Un médecin généraliste ne peut pas créer une SCP avec un kinésithérapeute. Pour les regroupements pluriprofessionnels, la structure adaptée est la société interprofessionnelle de soins ambulatoires.
Le conseil d’expert
En cabinet, la question qui revient le plus souvent n’est pas « qu’est-ce qu’une SCP » mais « pourquoi est-ce qu’on nous propose une SCP et pas autre chose ». C’est la bonne question à poser en amont, pas après la signature des statuts. Arbitrer en connaissance de cause, c’est comprendre d’abord ce à quoi on s’engage juridiquement.
— Marjorie Gonzalez, expert-comptable Contomed
SCP, SCM et SELARL : trois logiques distinctes
La confusion entre ces trois structures est fréquente parce que les trois permettent d’exercer à plusieurs. Mais leurs logiques sont différentes.
La société civile de moyens ne partage que des charges : loyer, secrétariat, matériel. Chaque associé conserve ses propres honoraires, sa propre patientèle, sa propre comptabilité. La SCM n’a pas de chiffre d’affaires propre.
La SCP va plus loin : les honoraires sont perçus au nom de la société, répartis selon les clés prévues dans les statuts, et chaque associé est imposé sur sa quote-part. Il n’y a pas de rémunération de gérant, pas de dividendes, pas de mise en réserve à taux réduit. Tout le bénéfice remonte directement dans le revenu imposable de chaque associé.
La SELARL médecin est une société d’exercice libéral à responsabilité limitée. Elle relève de l’IS par défaut, ce qui permet de piloter la rémunération du gérant, de mettre des bénéfices en réserve à taux réduit (15 % jusqu’à 42 500 euros) et de distribuer des dividendes. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports, hors faute professionnelle.
Le tableau comparatif ci-dessous détaille ces trois logiques sur les critères qui comptent pour un praticien.
SCP, SCM, SELARL : trois logiques d’exercice à plusieurs
| Critère | SCP | SCM | SELARL |
|---|---|---|---|
| Objet | Exercice commun d’une même profession, partage des honoraires | Partage de moyens (local, personnel, matériel) – pas d’honoraires communs | Exercice libéral sous forme sociétaire à l’IS |
| Partage des honoraires | Oui – perçus par la société, répartis selon statuts | Non – chaque associé garde ses propres honoraires | Non – la société facture, le gérant perçoit une rémunération |
| Fiscalité | Transparence IR, BNC, art. 8 ter CGI – imposition personnelle sur quote-part | Transparence IR, chaque associé déduit sa quote-part de charges | IS par défaut (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà) – option IR 5 ans possible |
| Régime social | Tous associés TNS, CARMF, cotisations sur quote-part bénéfice | TNS individuel, chaque praticien reste indépendant | Gérant majoritaire TNS, CARMF – dividendes >10 % capital soumis cotisations TNS (LFSS 2024) |
| Responsabilité | Indéfinie et conjointe sur dettes sociales / solidaire sur actes professionnels | Indéfinie et solidaire entre associés | Limitée aux apports (hors faute de gestion personnelle) |
| Capital / parts | Parts de capital + parts d’industrie possibles, pas de minimum légal | Pas de capital propre à la structure | Parts sociales, pas de minimum légal – mais capital cohérent recommandé |
| Entrée / sortie | Agrément ordinal obligatoire, cession de parts génère plus-value professionnelle | Retrait libre selon statuts, pas d’agrément | Agrément ordinal, cession de parts (droit enregistrement 3 %) |
| Profil type | Cabinet historique, égalitarisme assumé, praticiens en tranche 30 % | Partage de local et secrétariat sans exercice commun | Optimisation IS, protection patrimoine, horizons de retraite à piloter |
Fiscalité de la SCP médecin : la transparence fiscale, ses avantages et son plafond
Régime par défaut : l’impôt sur le revenu, catégorie BNC. La SCP est soumise à la transparence fiscale en application de l’article 8 ter du Code général des impôts. Concrètement : la société dépose une déclaration de résultats commune (formulaire déclaration 2035) qui détermine le bénéfice social global. Ce bénéfice est ensuite réparti entre les associés selon les clés statutaires, et chaque associé l’intègre dans sa déclaration personnelle de revenus (2042). Il n’y a pas d’impôt au niveau de la société.
Cet mécanisme présente un avantage concret : les charges communes du cabinet (loyer, personnel, matériel, assurances) sont déduites du bénéfice social avant répartition entre associés. Chaque praticien voit ainsi son bénéfice imposable réduit sans avoir à justifier individuellement chaque dépense professionnelle.
Il présente aussi une limite directe : les bénéfices de la SCP sont imposés l’année de leur réalisation, qu’ils soient distribués ou non. Impossible de laisser des fonds en réserve à un taux IS réduit. Pour un praticien dont le taux marginal d’imposition dépasse 41 %, la transparence fiscale peut devenir un frein à l’optimisation, surtout si les honoraires sont élevés. À titre de repère, les médecins généralistes libéraux affichaient des honoraires moyens de 191 009 euros par professionnel actif à part entière en 2024 (+6,4 % sur un an, source Assurance Maladie, data.ameli.fr). Pour les spécialistes, la moyenne atteignait 434 299 euros en 2024 (même source). À ces niveaux, la question du choix de structure mérite une simulation chiffrée sérieuse.
Les parts d’industrie et les parts de capital. La SCP peut distinguer deux types de droits : les parts de capital (apports en numéraire ou en nature, transmissibles) et les parts d’industrie (apport du travail personnel, non transmissibles et automatiquement annulées en cas de départ). Cette distinction permet de différencier la rémunération du travail de celle du capital dans les statuts – un levier de structuration rarement exploité.
Répartition des bénéfices non proportionnelle aux parts. Les statuts peuvent prévoir une répartition différente de la simple proportionnalité aux parts de capital, à condition que les écarts soient justifiés par l’activité réelle de chaque associé. Un associé qui réalise 60 % du chiffre d’affaires peut légitimement percevoir 60 % des bénéfices même s’il ne détient que 50 % des parts. Cette souplesse doit être documentée en continu : une répartition non tracée est une répartition contestable lors d’un contrôle fiscal.
Option pour l’IS. La SCP peut opter pour l’impôt sur les sociétés depuis les exercices ouverts à compter du 1er janvier 1996. Cette option nécessite la signature de tous les associés et une notification avant la fin du troisième mois de l’exercice concerné. Elle est irrévocable jusqu’au cinquième exercice suivant celui de son exercice – un délai à ne pas confondre avec une liberté de retour en arrière. L’option IS transforme fondamentalement la SCP : elle perd sa transparence fiscale, les associés ne sont plus directement imposés sur les bénéfices sociaux, et les règles de rémunération se rapprochent de celles d’une SELARL. Cette option est rarement conseillée car elle ne lève pas la responsabilité indéfinie – l’inconvénient majeur de la SCP – tout en ajoutant la complexité d’un IS.
Le conseil d’expert
Les bonnes questions, posées au bon moment : avant de décider si la SCP opte pour l’IS, il faut modéliser l’impact sur 5 ans minimum. Dans la plupart des dossiers que je rencontre, une transformation en SELARL est plus avantageuse qu’une option IS de SCP, car elle apporte en plus la protection du patrimoine. L’option IS de SCP, c’est souvent le pire des deux mondes.
— Marjorie Gonzalez, expert-comptable Contomed
Régime social des associés de SCP
Tous les associés d’une SCP médecin ont le statut de travailleur non salarié (TNS). Chaque associé est affilié à la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France) et paie ses cotisations sociales sur sa quote-part de bénéfice social. Il n’existe pas de régime général, pas d’assimilation salarié, pas de cotisations sur une rémunération de gérant séparée du bénéfice. Tout le revenu imposable généré par la SCP supporte les cotisations TNS.
Ce point est structurant pour comparer SCP et SELARL. Dans une SELARL, le gérant majoritaire est aussi TNS, mais les dividendes versés au-delà de 10 % du capital social supportent également les cotisations TNS depuis la LFSS 2024. La différence de charges sociales entre SCP et SELARL est donc moins marquée qu’on ne le présente parfois.
Responsabilité des associés : le point dur
C’est probablement le critère le plus déterminant, et celui qui est le plus souvent minimisé au moment de la création d’une SCP.
L’article 15 de la loi du 29 novembre 1966 pose le principe : les associés répondent indéfiniment des dettes sociales. Cela signifie que si la SCP ne peut pas honorer une dette (fournisseur impayé, condamnation civile, remboursement CPAM), les créanciers peuvent se retourner contre le patrimoine personnel de chaque associé, au-delà de ses apports. Il n’y a pas de bouclier.
La responsabilité est qualifiée de conjointe sur les dettes sociales : chaque associé répond de sa quote-part des dettes, proportionnellement à ses droits. Mais pour les actes professionnels, la responsabilité est solidaire : un créancier peut réclamer l’intégralité de la dette à un seul associé, qui dispose ensuite d’un recours contre ses co-associés (article 16 de la loi de 1966). En pratique, une condamnation civile liée à un acte médical d’un associé peut peser sur les autres.
Contraste avec la SELARL : dans une SELARL profession libérale, la responsabilité est limitée aux apports pour les dettes sociales. Seule une faute de gestion personnelle peut engager le gérant au-delà. La protection du patrimoine personnel est réelle.
Cela ne signifie pas qu’une SCP est irresponsable de choisir. Une assurance RCP collective au niveau de la SCP, complétant les contrats individuels de chaque praticien, couvre la grande majorité des risques médicaux. Mais cela doit être anticipé dès la création, et la couverture doit être calibrée sur le volume d’activité collectif, pas sur la simple addition des contrats individuels.
Le conseil d’expert
Structurer en amont plutôt que réparer après le bilan : la question de la responsabilité solidaire sur les actes professionnels se pose concrètement quand un associé part, quand un litige survient, ou quand les dettes s’accumulent. Les statuts peuvent prévoir des clauses de recours interne, des seuils d’alerte, des procédures de sortie anticipée. Ces clauses ne suppriment pas la responsabilité, mais elles organisent la vie interne. Un cabinet sans ces dispositions laisse les associés exposés à des conflits que la loi ne tranchera pas à leur avantage.
— Marjorie Gonzalez, expert-comptable Contomed
Prendre RDV avec un expert-comptable spécialisé médecin pour évaluer l’exposition réelle de votre situation avant toute décision de structure.
Entrée, sortie et cession de parts dans une SCP
La vie associative d’une SCP soulève des questions pratiques que les statuts doivent anticiper avec précision.
Entrée d’un associé. Tout nouvel associé doit exercer la même profession et obtenir l’agrément du conseil départemental de l’Ordre compétent. Cet agrément porte sur la personne et non sur les parts. Les formalités d’immatriculation de la modification se font via le guichet unique INPI. Un prévisionnel actualisé doit être établi à chaque entrée pour recalibrer la valorisation des parts et les clés de répartition.
Cession de parts à un tiers. Elle nécessite l’agrément ordinal. Entre associés, les cessions sont libres selon ce que prévoient les statuts. La cession de parts de SCP est assimilée à une cession de patientèle pour les praticiens : elle peut générer une plus-value professionnelle imposable, avec des possibilités d’exonération selon la durée d’exercice et les modalités de la cession (article 151 septies du CGI notamment).
Retrait d’un associé. Les statuts muets sur ce point exposent l’associé sortant et ceux qui restent à des négociations conflictuelles. Les clauses à prévoir : délai de préavis, méthode de valorisation des parts, conditions de remboursement, sort de la patientèle personnelle. Un associé qui part sans clause de retrait peut se retrouver bloqué ou contraint d’accepter une valorisation défavorable.
Succession. Les héritiers d’un associé décédé disposent en général d’un an pour céder les parts ou rejoindre la SCP (sous réserve des mêmes conditions d’agrément). Les statuts peuvent prévoir un mécanisme de rachat automatique par les associés restants pour éviter les situations de blocage.
Pour une réflexion approfondie sur la cession de cabinet, la page dédiée à la transmission d’un cabinet libéral couvre les modalités spécifiques aux professions de santé.
Quand la SCP reste pertinente – et quand basculer en SELARL
La SCP est une structure en déclin relatif face aux sociétés d’exercice libéral, mais elle reste adaptée à plusieurs situations réelles.
La SCP est pertinente quand :
- Le groupe veut un égalitarisme assumé : même part des honoraires, même charge de travail, pas de rémunération différenciée ni de dividendes. La répartition proportionnelle aux actes est simple à administrer.
- Les associés ont des taux marginaux d’imposition modérés (tranche 30 %) et ne cherchent pas à capitaliser dans la structure.
- Le cabinet est établi de longue date sous forme de SCP et la transformation entraînerait des coûts fiscaux (cessation BNC, plus-values) supérieurs aux gains attendus.
- Les praticiens privilégient la simplicité administrative : pas de compte courant d’associé, pas de bulletin de rémunération de gérant, pas de distribution de dividendes à piloter.
- La durée d’exercice restante est courte (10 ans ou moins) : l’horizon de rentabilisation d’une transformation est insuffisant.
Basculer en SELARL est à envisager quand :
- Le taux marginal d’imposition des associés est à 41 % ou 45 % et les honoraires permettent une mise en réserve substantielle à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 euros, 25 % au-delà).
- La protection du patrimoine personnel devient un enjeu réel (volume d’activité élevé, risques de litige accrus, patrimoine immobilier à protéger).
- Les associés souhaitent accueillir des capitaux extérieurs ou faire entrer un investisseur : une SCP n’est pas adaptée à cette configuration.
- Un associé veut moduler sa rémunération entre salaire de gérant et dividendes pour optimiser ses cotisations sociales et son imposition.
Les articles sur la création SEL et sur la SELARL profession libérale détaillent les étapes et les arbitrages à conduire.
Le cas du médecin remplaçant mérite une mention : un remplaçant régulier qui envisage de devenir associé dans un cabinet doit bien identifier si la structure existante est une SCP ou une SELARL – les conséquences sur sa fiscalité personnelle et son régime social ne sont pas les mêmes.
Transformer une SCP en SELARL : étapes et points de vigilance
La transformation est juridiquement possible depuis la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990. Elle est fréquemment choisie par des cabinets créés sous forme de SCP dans les années 1980-2000 qui cherchent aujourd’hui à optimiser leur structure.
Les étapes principales :
- Décision unanime des associés (sauf clause contraire dans les statuts), avec évaluation préalable de l’actif net de la SCP.
- Constitution de la SELARL : rédaction des statuts, désignation du gérant, choix du capital social.
- Apport des actifs de la SCP à la SELARL ou cession des droits individuels. L’apport peut être placé sous le régime de report d’imposition de l’article 151 octies du CGI, qui permet de différer l’imposition des plus-values – mais ce régime implique un formalisme strict et une déclaration de report chaque année. Un oubli déclenche l’imposition immédiate avec une majoration de 40 %.
- Agrément ordinal de la nouvelle structure auprès du conseil départemental de l’Ordre des médecins.
- Radiation de la SCP au greffe et formalités auprès de la CARMF, de l’URSSAF et des organismes conventionnels.
La cessation d’activité BNC au niveau de la SCP entraîne en principe l’imposition immédiate des bénéfices en cours et des plus-values sur éléments d’actif (patientèle notamment). Le recours au report de l’article 151 octies est la solution standard, mais il conditionne tout : un cabinet qui engage cette transformation sans accompagnement fiscal structuré paie des impôts sur des revenus non encaissés.
La démarches d’installation en profession libérale donne un cadre général utile pour comprendre les formalités liées à un changement de structure.
Il existe aujourd’hui 112 159 médecins libéraux en activité en France (source Assurance Maladie, data.ameli.fr, 2024). L’exercice regroupé progresse : maisons de santé pluriprofessionnelles, cabinets de groupe, exercice multi-sites. Dans ce contexte, la question du bon véhicule juridique est un moment charnière où l’arbitrage se joue pour 10 à 20 ans.
Avant de choisir, avant de transformer, avant de signer des statuts : faites établir une simulation comparative par un expert-comptable médecin. Le cabinet infirmier à plusieurs pose des questions similaires pour les IDEL – les réponses diffèrent selon la profession mais la méthode d’arbitrage est la même.
Erreurs à éviter avec la SCP médecin
Ces quatre erreurs reviennent régulièrement dans les dossiers de praticiens arrivant en cabinet après une création de SCP sans accompagnement spécialisé.
Confondre SCP et SCM au moment du choix
La SCM ne met en commun que des charges ; la SCP engage les honoraires et l’exercice commun. Choisir une SCP pour simplement partager un secrétariat revient à accepter une responsabilité indéfinie sur les actes médicaux des associés pour un objectif qui ne la justifie pas.
Ignorer la responsabilité solidaire sur les actes professionnels
Un associé peut être tenu responsable des actes médicaux d’un co-associé au-delà de sa propre RCP individuelle (article 16, loi du 29 novembre 1966). Sans assurance RCP collective au niveau de la SCP couvrant ce risque, les associés sont exposés à des condamnations dépassant leurs polices personnelles.
Des statuts muets sur le retrait d’un associé
L’absence de clause de retrait ou de méthode de valorisation des parts expose l’associé sortant à une position de négociation défavorable. Les tribunaux ne fixent pas de barème de valorisation pour les parts de SCP médicale : l’associé qui veut partir négocie sans filet.
Rater la fiscalité de la transformation en SELARL
Déclencher une cessation d’activité BNC sans avoir sécurisé le report d’imposition de l’article 151 octies du CGI peut générer une imposition immédiate sur des plus-values (patientèle notamment) non encaissées. L’oubli de la déclaration de report annuelle entraîne une majoration de 40 % sur les plus-values reportées.
Avant de prendre rendez-vous
Si mon associé fait une erreur médicale ou creuse les dettes, qu’est-ce que je risque, moi personnellement ?
La réponse Contomed : La question est légitime et la réponse juridique est sévère : dans une SCP, votre patrimoine personnel est exposé aux dettes sociales (responsabilité indéfinie) et aux actes professionnels de vos associés (responsabilité solidaire, article 16, loi 1966). Une assurance RCP collective bien calibrée couvre la majorité des risques médicaux. Pour les dettes, les statuts peuvent organiser des recours internes. Mais si cette exposition vous préoccupe, la SELARL offre une protection différente que nous pouvons modéliser avec vous.
Nos services. Nous accompagnons votre projet de structuration en groupe
Contomed accompagne les médecins libéraux dans le choix et la mise en place de leur structure d’exercice depuis plusieurs années. Notre positionnement spécialisé professions de santé permet de traiter simultanément les dimensions comptable, fiscale, sociale et juridique de votre projet, sans fragmenter le conseil entre plusieurs intervenants.
En tant qu’expert-comptable spécialisé médecin libéral, nous intervenons à chaque phase :
- Simulation comparative SCP / SCM / SELARL : Nous modélisons les deux ou trois scénarios sur 5 ans : charges fiscales, cotisations sociales, protection du patrimoine, coûts de transformation. Vous recevez un tableau de bord chiffré pour décider en connaissance de cause, pas un avis général.
- Création et structuration de la SCP médecin : Coordination avec le juriste pour la rédaction des statuts (clés de répartition, clauses de retrait, valorisation des parts), suivi de l’agrément ordinal, mise en place de la comptabilité SCP et des déclarations 2035.
- Accompagnement de la transformation SCP en SELARL : Sécurisation du report d’imposition art. 151 octies du CGI, anticipation de la cessation BNC, suivi des déclarations de report annuelles, coordination avec l’Ordre et les organismes conventionnels. Délai recommandé : 12 à 18 mois avant la transformation.
Tarifs clairs pour les professionnels de santé libéraux
Nos forfaits Contomed démarrent à 75 €/mois pour une formule BNC standard et vont jusqu’à 140 €/mois pour les structures plus complexes (SEL, SPFPL, SCI, LMNP). Pas de frais cachés, résiliation libre, sans engagement.
À titre comparatif, voici les fourchettes constatées chez les cabinets généralistes en France :
- Suivi comptable basique (tenue, déclaration 2035, URSSAF) : 60 à 90 €/mois
- Accompagnement standard (suivi annuel, bilan, optimisation BNC) : 90 à 120 €/mois
- Formule premium (prévisionnel, patrimonial, SPFPL/SCI) : 130 à 180 €/mois
Notre positionnement chez Contomed : 75 à 140 €/mois pour une expertise 100 % santé, sans frais cachés et avec résiliation libre. Demandez votre devis personnalisé lors d’un rendez-vous découverte gratuit (réponse chiffrée sous 5 jours ouvrés). Prendre RDV découverte.
FAQ - SCP médecin
La société civile de moyens (SCM) ne partage que des charges : loyer, personnel, matériel. Chaque médecin conserve ses honoraires, sa patientèle et sa comptabilité personnelle. La SCP va plus loin : les honoraires sont perçus par la société puis répartis entre associés selon les clés statutaires. Les deux structures impliquent une responsabilité indéfinie des associés, mais la SCP engage également la responsabilité solidaire sur les actes professionnels des co-associés.
La SCP est soumise à la transparence fiscale selon l’article 8 ter du CGI. La société dépose une déclaration 2035 commune qui détermine le bénéfice global. Ce bénéfice est ensuite réparti entre associés, et chaque praticien l’intègre dans sa déclaration personnelle de revenus en BNC. Il n’y a pas d’impôt au niveau de la société. Les bénéfices sont imposés l’année de leur réalisation, qu’ils soient distribués ou non : impossible de les laisser en réserve à taux IS réduit.
Oui, mais avec prudence. L’option IS est possible depuis les exercices ouverts à partir du 1er janvier 1996, sous réserve de la signature de tous les associés et d’une notification avant la fin du troisième mois de l’exercice. Elle est irrévocable jusqu’au cinquième exercice suivant. Cette option ne lève pas la responsabilité indéfinie des associés, ce qui en fait rarement la meilleure solution : une transformation en SELARL médecin est souvent plus avantageuse sur les deux plans simultanément.
La cession à un tiers (extérieur à la SCP) nécessite l’agrément du conseil départemental de l’Ordre des médecins. Entre associés, les conditions sont fixées par les statuts. La cession génère en général une plus-value professionnelle imposable, avec des possibilités d’exonération selon la durée d’exercice et le montant (article 151 septies du CGI). La transmission d’un cabinet libéral en SCP mérite une simulation fiscale préalable pour anticiper le coût de la sortie.
Oui, la transformation est possible depuis la loi du 31 décembre 1990. Elle nécessite l’accord unanime des associés, la constitution de la SELARL, l’agrément ordinal et des formalités auprès du greffe et des organismes sociaux. Sur le plan fiscal, elle déclenche une cessation d’activité BNC avec imposition des bénéfices en cours et des plus-values latentes (patientèle notamment). Le report d’imposition de l’article 151 octies du CGI permet de différer cette imposition, mais il exige un formalisme strict : la déclaration de report doit être produite chaque année sans exception. Contactez un expert-comptable médecin au moins 12 à 18 mois avant l’opération.