Par Baptiste Nava, expert-comptable inscrit à l’Ordre. Rédigé le 17 avril 2025, mis à jour le 2 novembre 2026 (voir les mises à jour). Lecture : 17 min.
Professions de santé libérales : en 2026, deux méthodes de déduction s’offrent à vous pour vos frais de véhicule. Voici les cinq points à retenir avant de faire votre choix.
- Deux méthodes au choix pour chaque exercice fiscal : le barème kilométrique forfaitaire ou la déduction au frais réels. L’option vaut pour l’année entière.
- Barème kilométrique majoré de 20 % pour tout véhicule électrique depuis 2021, reconduit en 2026.
- Plafond fiscal d’amortissement du véhicule de tourisme : de 9 900 € (forte émission CO2) à 30 000 € (véhicule électrique), selon le taux d’émission homologué.
- Trajets entre patients déductibles. Trajet domicile-cabinet : déductible en BNC, sans condition sous 40 km ; au-delà, si l’éloignement est justifié, sinon pour les 40 premiers kilomètres.
- Le choix optimal dépend du kilométrage annuel professionnel, du type de véhicule et de vos charges réelles. Une simulation sur votre profil réel s’impose avant toute déclaration.
Ce que nous entendons toutes les semaines
Je roule beaucoup pour mes visites et je ne sais pas si je gagne davantage à déduire mes frais réels de véhicule plutôt qu’à appliquer un barème, ni ce qui est vraiment reconnu comme trajet professionnel.
La réponse Contomed : Le choix entre frais réels et barème se tranche en comparant, sur votre kilométrage annuel et le type de véhicule utilisé, le montant obtenu par chacune des deux méthodes avant de figer une option pour l’année.
Quels frais de véhicule sont déductibles pour une profession libérale santé ?
Pour une infirmière libérale (IDEL) qui enchaîne les tournées, un kinésithérapeute à domicile ou un médecin remplaçant qui couvre plusieurs établissements, le véhicule représente l’une des charges les plus lourdes de l’activité. Comprendre précisément quels postes sont déductibles évite les erreurs en déclaration 2035 et les redressements.
Postes déductibles aux frais réels (au barème, seuls les péages, le stationnement et le garage s’y ajoutent) :
- Carburant et frais d’énergie (électricité pour véhicule électrique)
- Entretien courant et réparations (vidange, pneumatiques, révisions)
- Assurance du véhicule (part pro-ratisée si usage mixte)
- Péages et stationnement (déductibles en plus du barème kilométrique)
- Intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’un véhicule professionnel
- Loyers LOA ou LLD (dans la limite du plafond fiscal)
- Amortissement du véhicule inscrit au bilan (plafonné selon le CO2)
- Frais de garage ou de box loué
Postes non déductibles :
- Amendes et contraventions
- Frais purement personnels (déplacement vacances, loisirs)
- TVA sur l’achat d’une voiture particulière : elle n’est jamais récupérable, même si le véhicule est utilisé à 100 % pour l’activité professionnelle. Exception : auto-écoles, taxis, véhicules de location. La quasi-totalité des praticiens libéraux ne bénéficie pas de cette exception.
- Trajet domicile-cabinet de plus de 40 km quand l’éloignement n’est pas justifié, pour la part au-delà de 40 km (voir les pièges).
Pour cadrer ces postes dans l’ensemble des charges déductibles BNC applicables aux professions de santé, la référence fiscale du BOFIP fixe les règles précises. Voir le BOI-BNC-BASE-40-60-40-20 du BOFIP, qui traite spécifiquement des frais de voiture en BNC.
Les 2 méthodes de déduction : barème kilométrique ou frais réels ?
Méthode 1 : indemnités kilométriques (barème forfaitaire)
Le barème kilométrique est un forfait publié annuellement par l’administration fiscale. Il couvre en une seule valeur le carburant, l’entretien, l’assurance et la dépréciation du véhicule. Le montant est calculé en multipliant le nombre de kilomètres professionnels parcourus par le taux correspondant à la puissance fiscale du véhicule.
Pour la déclaration 2026 (revenus 2025), le barème n’a pas été revalorisé : les montants fixés en 2023 s’appliquent toujours. Consultez les barèmes kilométriques 2026 sur service-public.gouv.fr pour connaître le taux exact applicable à votre puissance fiscale. Le barème kilométrique BNC fait également l’objet d’un article dédié sur notre site.
Ce que le barème inclut : carburant, entretien, assurance, dépréciation. Ce qu’il n’inclut pas, et qui reste déductible en plus : péages, stationnement et garage, ainsi que les intérêts d’emprunt si le véhicule est inscrit au registre des immobilisations.
Avantages :
- Aucune comptabilité véhicule à tenir : pas de factures à conserver par poste
- Calcul simple et rapide à partir du relevé kilométrique
- Barème majoré de 20 % pour les véhicules électriques depuis 2021, reconduit en 2026
Contraintes :
- Le kilométrage professionnel doit être justifié et tracé (carnet de route, agenda patient)
- Péages et parking restent à justifier séparément
- La méthode peut sous-évaluer la déduction réelle si les charges effectivement supportées sont élevées
Méthode 2 : frais réels (déduction au réel)
La déduction au frais réels consiste à comptabiliser l’ensemble des dépenses effectivement engagées pour le véhicule, proratisées à hauteur de l’usage professionnel. Elle impose une rigueur documentaire plus forte mais peut dégager une déduction supérieure au barème dès lors que les charges annuelles dépassent le forfait.
Ce qu’il faut tenir :
- Un registre kilométrique précis : date, point de départ, destination, objet, kilomètres. Ce document est la pièce maîtresse en cas de contrôle.
- L’ensemble des factures (carburant, entretien, assurance, réparations, garage)
- Si le véhicule est inscrit au bilan : les tableaux d’amortissement
- Si l’acquisition est financée : le tableau d’emprunt ou le contrat LOA/LLD
Avantages :
- Déduction de toutes les charges réellement payées
- Pertinent pour les praticiens à fort kilométrage avec un véhicule récent et coûteux à l’entretien
- Amortissement déductible si le véhicule est au bilan (dans les plafonds CO2)
Contraintes :
- Obligation comptable accrue, risque d’erreur si mal tenue
- Plus-value professionnelle imposable lors de la revente si le véhicule est inscrit au bilan

LE CONSEIL D’EXPERT
Dans mon cabinet, je constate que le seuil de bascule vers les frais réels se situe souvent entre 20 000 et 25 000 kilomètres professionnels par an, selon la puissance fiscale du véhicule. En dessous, le barème kilométrique est généralement plus favorable et moins risqué documentairement. Au-delà, la simulation s’impose : à 25 000 km, le barème d’une 5 CV représente déjà 10 675 euros, et les frais réels ne prennent l’avantage que si les charges annuelles du véhicule dépassent ce montant. Ce n’est pas automatique, ça se calcule profil par profil.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Barème kilométrique 2023, 2024, 2025, 2026 : ce qui a changé
« Barème 2024 » désigne tantôt le barème publié en 2024, tantôt celui de la déclaration faite en 2024, qui porte sur les revenus 2023. L’administration raisonne en années de revenus : le BOFiP donne le barème « pour l’imposition des revenus de l’année 2022 », fixé par l’arrêté du 27 mars 2023, et ce barème n’a pas été modifié depuis.
Le même barème sert donc pour quatre déclarations, de 2023 à 2026, soit les revenus 2022 à 2025. Service-public le confirme pour la déclaration 2026 : « Cette année, comme en 2025, les barèmes kilométriques ne sont pas revalorisés », la dernière hausse, de 5,4 %, remontant à 2023. Auparavant, le barème était resté identique pour les revenus 2019 et 2020, puis avait été relevé de 10 % pour les revenus 2021. Le tableau ci-dessous suit une voiture de 5 CV : d désigne la distance parcourue à titre professionnel.
| Revenus | Déclaration | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|---|
| 2019 et 2020 | 2020 et 2021 | d × 0,548 | (d × 0,308) + 1 200 | d × 0,368 |
| 2021 | 2022 | d × 0,603 | (d × 0,339) + 1 320 | d × 0,405 |
| 2022 à 2025 | 2023 à 2026 | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
Pour un véhicule électrique, le montant obtenu est majoré de 20 % depuis l’imposition des revenus 2020, déclarés en 2021. À kilométrage égal, la déduction au barème n’a donc pas bougé depuis les revenus 2022 : c’est une raison de refaire chaque année la comparaison avec vos frais réels, qui évoluent, eux, avec vos dépenses.
Véhicule personnel vs professionnel : grille de décision 2026
Inscrire ou non son véhicule au bilan est une décision structurante. Ce tableau synthétise les critères déterminants pour les professions de santé libérales.
| Critère | Véhicule personnel (au barème) | Véhicule professionnel (au bilan, frais réels) |
|---|---|---|
| Mode de déduction | Barème kilométrique forfaitaire (carburant, entretien, assurance, dépréciation inclus) | Frais réels avec amortissement comptabilisé chaque année |
| TVA récupérable | Non (voiture particulière) | Non (voiture particulière), sauf utilitaire aménagé ou cas réglementaires spécifiques |
| Amortissement | Non applicable (compris dans le forfait) | Oui, plafonné selon le taux d’émission CO2 homologué (de 9 900 € à 30 000 € pour électrique) |
| Plus-value à la revente | Non imposée au plan professionnel | Plus-value professionnelle imposable (régime BNC court ou long terme selon durée de détention) |
| Convient à | Faible à moyen kilométrage, souhait de simplicité comptable, démarrage d’activité | Fort kilométrage professionnel, charges réelles élevées, véhicule électrique avec plafond 30 000 € |
| Recommandation par profil santé | IDEL débutante, médecin remplaçant peu mobile (< 15 000 km/an), praticien en cabinet fixe | IDEL en tournée 25 000 km et plus, kinésithérapeute à domicile, médecin SOS ou remplaçant mobile |
Cas concrets : 3 profils santé chiffrés
Cas 1 : IDEL en tournée à domicile (25 000 km/an, 5 CV diesel)
L’infirmière libérale en tournée est le profil type pour lequel le choix de méthode est le plus déterminant. Prenons une IDEL roulant 25 000 kilomètres professionnels par an avec un véhicule diesel de 5 CV fiscaux.
Simulation barème kilométrique : Au barème officiel publié au BOFIP, inchangé pour les revenus 2025, 25 000 km en 5 CV donnent une déduction de 25 000 × 0,427 = 10 675 euros. S’y ajoutent les péages et le stationnement non couverts par le barème.
Simulation frais réels : Pour le même profil avec un véhicule acheté 22 000 euros (CO2 entre 50 et 160 g/km en norme WLTP, plafond amortissement 18 300 euros sur 5 ans soit environ 3 660 euros/an), les charges annuelles réelles typiques sont : carburant 2 800 euros, entretien 900 euros, assurance 1 100 euros, amortissement fiscal 3 660 euros, soit 8 460 euros pour une utilisation 100 % pro. Le barème resterait plus favorable si les km pro sont les seuls kilométrages du véhicule, car il couvre dépréciation plus charges dans une enveloppe plus large.
Pour cette infirmière libérale, l’expert-comptable pour infirmière libérale de Contomed conseille de simuler les deux méthodes à chaque acquisition de véhicule. Le barème est souvent suffisant en dessous de 25 000 km, sauf charges réelles atypiquement élevées.
Cas 2 : Médecin remplaçant à forte mobilité (35 000 km/an)
Le médecin remplaçant est souvent le profil où le barème kilométrique atteint ses limites. Avec 35 000 kilomètres professionnels par an, les charges réelles sur un véhicule récent dépassent fréquemment la valeur forfaitaire du barème, surtout si les frais de carburant et d’entretien sont élevés.
Un médecin remplaçant qui couvre plusieurs départements avec un véhicule de 7 CV ou plus gagne à comparer les deux scénarios. Si son véhicule est électrique, la majoration de 20 % du barème peut au contraire rendre le barème compétitif, avec en plus un confort administratif réel.
Pour un tel profil, l’avis d’un expert-comptable médecin libéral s’avère rentable dès la première année : une erreur de méthode sur 35 000 km représente plusieurs centaines d’euros de déduction non captée, ou un redressement en cas de justification insuffisante.
Cas 3 : Kinésithérapeute à domicile en zone rurale (15 000 km/an)
Le kinésithérapeute qui se déplace chez ses patients en zone sous-dotée roule moins qu’une IDEL en tournée dense, mais son kilométrage reste intégralement professionnel (patient à patient). Avec 15 000 km/an, le barème est généralement la méthode la plus simple et la plus efficace, sauf si le véhicule est récent et coûteux à l’entretien.
Un expert-comptable pour masseur-kinésithérapeute peut identifier si l’assurance spécifique (véhicule à usage professionnel déclaré) ou des frais d’entretien atypiques justifient de passer aux frais réels. En zone rurale, les trajets inter-patients sont longs et les frais de carburant peuvent peser davantage que la moyenne.

LE CONSEIL D’EXPERT
En cabinet, j’observe un seuil de bascule net autour de 28 000 kilomètres professionnels annuels pour les profils IDEL avec véhicule diesel entre 5 et 7 CV. En dessous, le barème couvre presque toujours mieux. Au-dessus, les frais réels reprennent l’avantage, à condition que le registre kilométrique soit tenu rigoureusement dès le 1er janvier. Démarrer le registre en cours d’année, c’est perdre des mois de déduction justifiable.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
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LOA et LLD : les règles de déduction
La location avec option d’achat (LOA) et la location longue durée (LLD) sont des modes de financement de plus en plus répandus chez les praticiens libéraux, notamment pour les véhicules électriques. Leur traitement fiscal suit des règles précises.
Principe général : Les loyers LOA et LLD sont déductibles en charges, sauf la part qui correspond à l’amortissement pratiqué par le loueur sur la fraction du prix du véhicule qui dépasse le plafond fiscal applicable selon son taux d’émission de CO2. Le loueur indique normalement ce montant chaque année ; il se réintègre sur la ligne « Divers » de la 2035 (BOI-BIC-AMT-20-40-50).
Calcul de la part non déductible : prenons un véhicule électrique acheté 50 000 euros par le loueur et amorti par lui sur 5 ans, soit 10 000 euros par an, loué 800 euros par mois (9 600 euros par an). Le plafond étant de 30 000 euros, la part non déductible vaut 10 000 × (50 000 − 30 000) / 50 000 = 4 000 euros par an. Les 5 600 euros restants sont déductibles.
Proratisation pro/perso : Si le véhicule est utilisé à 80 % pour l’activité professionnelle, on applique ce ratio après avoir retiré la part non déductible. Soit dans l’exemple précédent : 5 600 euros × 80 % = 4 480 euros de loyers effectivement déductibles par an.
Attention en fin de contrat LOA : Si vous levez l’option d’achat, vous pouvez inscrire le véhicule au bilan à sa valeur résiduelle. Une plus-value professionnelle est imposable à la revente ultérieure si le véhicule est sorti du bilan. Ce point est fréquemment sous-estimé par les praticiens qui optent pour la LOA sans accompagnement.
Les règles de déduction en BNC font l’objet d’un traitement complet dans notre article sur les charges déductibles BNC.
Voiture électrique : amortissement renforcé et avantages fiscaux 2026
Pour les professions de santé libérales à fort kilométrage, le véhicule électrique cumule plusieurs avantages fiscaux qui en font une option à examiner sérieusement, à condition de vérifier la cohérence avec vos tournées et vos infrastructures de recharge.
Plafond d’amortissement majoré : Pour les véhicules à émission inférieure à 20 g/km de CO2 (électriques purs), le plafond fiscal d’amortissement est de 30 000 euros, contre 20 300 euros entre 20 et moins de 50 g/km, et 18 300 euros pour un véhicule thermique entre 50 et 160 g/km (norme WLTP, véhicule acquis depuis 2021, article 39, 4 du CGI). Sur un véhicule amorti sur 5 ans, cela représente 2 340 euros de déduction supplémentaire par an.
Barème kilométrique majoré de 20 % : Depuis 2021, le barème kilométrique applicable aux véhicules électriques est majoré de 20 % par rapport au barème standard. Cette majoration est reconduite en 2026. Elle s’applique au montant calculé avec le barème.
Bonus écologique : Le bonus écologique a été supprimé le 1er juillet 2025 pour les voitures achetées ou louées par des personnes physiques, et dès le 2 décembre 2024 pour les sociétés. Votre comptable peut intégrer les aides encore ouvertes dans la simulation de coût total d’acquisition.
Taxe annuelle sur émissions : La TVS a été supprimée depuis le 1er janvier 2022 et remplacée par deux taxes annuelles. Pour les professionnels libéraux exerçant en BNC, ces taxes (taxe annuelle sur émissions de CO2 et taxe annuelle sur émissions de polluants atmosphériques) ne s’appliquent qu’aux sociétés. Un praticien exerçant en nom propre en BNC n’est pas redevable de ces taxes, ce qui neutralise cet avantage pour les véhicules électriques vis-à-vis des véhicules thermiques sur ce poste spécifique.
Pour les praticiens qui envisagent de passer en structure sociétaire, notre article sur la SELARL profession libérale santé ou sur BNC et profession libérale permettent de comprendre comment le choix de structure modifie le traitement fiscal du véhicule.
Vous envisagez l’achat d’un véhicule électrique pour votre activité ? Réservez un rendez-vous découverte avec Baptiste pour analyser quelle structure d’acquisition est optimale selon votre régime fiscal et votre kilométrage annuel.
Le plan d’action Contomed : 4 étapes pour valider votre méthode
Avant de remplir votre déclaration 2035, voici les quatre étapes concrètes pour choisir votre méthode de déduction de façon éclairée.
Étape 1 : cartographier vos kilomètres professionnels annuels. Relevez les déplacements déductibles : trajets domicile-cabinet ou domicile-premier patient (règle des 40 km, voir pièges), trajets entre patients, déplacements formation, congrès, visites URSSAF, réunions professionnelles. L’agenda patient constitue votre première source de reconstruction a posteriori, mais un registre kilométrique tenu en temps réel est la seule pièce opposable à l’administration.
Étape 2 : lister vos charges réelles annuelles véhicule. Regroupez : carburant annuel (relevé carte bancaire ou carnet plein), factures d’entretien, prime d’assurance annuelle, loyers LOA/LLD, intérêts d’emprunt. Si votre véhicule est au bilan, calculez la dotation aux amortissements applicable. Proratisez au ratio professionnel/total si l’usage est mixte.
Étape 3 : simuler les deux méthodes sur votre profil réel. Comparez : montant barème kilométrique (km pro × taux officiel 2026, majoré si électrique) versus total charges réelles pro. La méthode retenue s’applique à l’ensemble des véhicules utilisés dans l’activité pour l’année considérée. Vous ne pouvez pas panacher barème et frais réels sur deux véhicules différents la même année.
Étape 4 : déclarer dans la bonne case. Frais réels : ligne dédiée de la déclaration déclaration 2035 profession libérale. Barème kilométrique : le montant entre dans les charges de la 2035, et le nombre de kilomètres et le tarif appliqué s’indiquent au cadre 7 du tableau 2035-B. L’option est valable pour un exercice et reconductible l’année suivante. Le changement de méthode est possible chaque année, sans demande préalable, mais avec les justificatifs à l’appui.
Pour les praticiens qui s’interrogent sur la rentabilité globale de leur structure, notre service de comptabilité BNC profession libérale santé intègre ce type d’arbitrage dans le suivi annuel.

LE CONSEIL D’EXPERT
Le registre kilométrique est la pièce que je réclame en premier lors d’un contrôle sur les frais de véhicule. Un agenda patient numérique peut reconstituer les déplacements, mais il ne remplace pas un registre précis : date, lieu de départ, destination, objet du déplacement, kilomètres aller-retour. Sans ce document, l’administration est en droit de rejeter la totalité de la déduction, que vous soyez au barème ou aux frais réels. Tenir ce registre dès le 1er janvier coûte dix minutes par semaine. Ne pas le tenir peut coûter plusieurs milliers d’euros de redressement.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Pièges fréquents à éviter
Ces six points concentrent la majorité des erreurs observées en cabinet sur la déduction des frais de véhicule en profession libérale santé.
1. Se tromper de règle sur le trajet domicile-cabinet. En BNC, ce trajet est en principe déductible : sans condition lorsque le lieu d’exercice est à moins de 40 kilomètres du domicile ; au-delà, à condition de justifier que l’éloignement est normal, faute de quoi seuls les 40 premiers kilomètres sont admis (BOI-BNC-BASE-40-60-40-10). La règle des frais réels des salariés (article 83 du CGI) ne s’applique pas ici. Pour les professions de santé, le trajet domicile-premier patient peut être assimilable à un déplacement professionnel si le domicile est également le point de départ de la tournée et non le cabinet fixe. Ce point mérite une analyse au cas par cas avant toute déduction.
2. Croire que la TVA sur l’achat d’une voiture particulière est récupérable. Elle ne l’est pas, quelle que soit la part d’usage professionnel. Cette règle est absolue pour les voitures particulières. Les utilitaires aménagés (camionnette, fourgon sans banquette arrière) ouvrent droit à la récupération de TVA, mais ne correspondent pas aux usages habituels des professions de santé libérales.
3. Appliquer le barème kilométrique et déduire en plus l’entretien ou l’assurance. Le barème est forfaitaire et couvre carburant, entretien, assurance et dépréciation. Seuls les péages, le stationnement, les frais de garage et, pour un véhicule inscrit au registre des immobilisations, les intérêts d’emprunt sont déductibles en sus du barème. Déduire des charges déjà couvertes par le barème constitue une double déduction.
4. Changer de méthode en cours d’année. L’option est annuelle et concerne l’ensemble des véhicules utilisés dans l’activité. Une fois la méthode retenue pour un exercice, elle s’applique jusqu’au 31 décembre. Le changement de méthode l’année suivante est libre mais doit être cohérent avec les justificatifs produits.
5. Négliger les justificatifs en cas de contrôle URSSAF ou fiscal. URSSAF et administration fiscale peuvent contrôler les frais de véhicule jusqu’à trois ans en arrière. Sans registre kilométrique précis, factures et tableau d’amortissement, la déduction peut être intégralement rejetée. Le risque est particulièrement fort pour les praticiens déclarant plus de 25 000 km professionnels sans justificatifs correspondants dans leur agenda.
6. Omettre la plus-value professionnelle lors de la cession d’un véhicule au bilan. Si le véhicule est inscrit au bilan et revendu (ou si l’option LOA est levée et le bien ultérieurement cédé), la plus-value est imposable dans le régime BNC. Ce point est souvent découvert tardivement, lors de la revente, et peut générer une imposition non anticipée de plusieurs milliers d’euros. L’optimisation fiscale en BNC intègre systématiquement cet élément dans les arbitrages patrimoniaux.
Pour les sages-femmes libérales dont l’activité est mixte cabinet-domicile, notre offre d’expert-comptable pour sage-femme libérale traite ces situations au cas par cas.
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Nos services. Nous accompagnons votre fiscalité véhicule
Contomed accompagne les professions de santé libérales d’Anglet et du Pays Basque sur l’ensemble de leur fiscalité BNC, y compris le choix de méthode de déduction des frais de véhicule, la tenue du registre kilométrique et l’optimisation à l’acquisition ou au renouvellement.
- Simulation barème vs frais réels : analyse sur vos données réelles, avec projection sur 3 ans selon votre kilométrage et vos projets d’acquisition.
- Mise en place du registre kilométrique : outil adapté à votre mode de suivi (carnet papier, app, ou tableur partagé) et procédure de reconstitution si l’exercice est déjà en cours.
- Accompagnement LOA/LLD : calcul de la part de loyer non déductible, intégration dans la 2035, alerte sur les fins de contrat.
- Audit avant contrôle : revue de vos déductions véhicule sur les 3 derniers exercices, identification des zones de risque, consolidation des justificatifs.
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Historique des mises à jour
- 2 novembre 2026 : barème kilométrique d’une année sur l’autre : même barème pour les revenus 2022 à 2025 (déclarations 2023 à 2026), historique depuis les revenus 2019 et majoration électrique datée, d’après le BOFiP et service-public.
- 21 octobre 2026 : barème kilométrique 2026 précisé (aucune revalorisation), exemple chiffré du cas 1 corrigé, références officielles remplacées.
- 21 octobre 2026 : règles corrigées sur sources officielles : trajet domicile-cabinet (déductible en BNC, règle des 40 km), plafonds d’amortissement selon le CO2 (norme WLTP), part non déductible des loyers LOA et LLD, bonus écologique supprimé, déclaration du barème.
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Questions fréquentes : frais de véhicule profession libérale santé
Le barème kilométrique est plus simple et souvent plus avantageux en dessous de 20 000 à 25 000 kilomètres professionnels par an. Au-delà, les frais réels peuvent dégager une déduction plus élevée, à condition de tenir un registre kilométrique précis et de conserver toutes les factures. La simulation des deux méthodes sur vos données réelles reste la seule façon d’arbitrer objectivement. Le choix est annuel et s’applique à tous les véhicules utilisés dans l’activité pour l’exercice concerné.
Oui, en principe : en BNC, ce trajet est déductible. Sous 40 kilomètres, sans condition ; au-delà, il faut justifier que l’éloignement est normal, sinon seuls les 40 premiers kilomètres sont admis (BOFiP, BOI-BNC-BASE-40-60-40-10). Les trajets entre deux patients, entre le cabinet et un établissement de soins, ou les déplacements de formation professionnelle sont pleinement déductibles. Pour les IDEL dont le domicile est le point de départ de la tournée, la situation peut être différente : c’est à analyser avec votre expert-comptable.
Un véhicule électrique (émissions inférieures à 20 g/km de CO2) bénéficie d’un plafond d’amortissement de 30 000 euros, contre 18 300 euros pour un véhicule thermique standard, et d’une majoration de 20 % sur le barème kilométrique. Le bonus écologique, lui, a été supprimé le 1er juillet 2025 pour les voitures achetées ou louées par des personnes physiques. Un praticien qui exerce en nom propre n’est pas redevable des taxes annuelles sur les émissions.
Oui. L’option pour le barème kilométrique ou pour les frais réels est annuelle et libre. Vous pouvez changer de méthode d’un exercice à l’autre sans démarche particulière, à condition de produire les justificatifs correspondants à la méthode retenue. Il n’est en revanche pas possible de panacher les deux méthodes sur deux véhicules différents au cours d’un même exercice.
Les loyers LOA et LLD sont déductibles, sauf la part qui correspond à l’amortissement pratiqué par le loueur sur la fraction du prix du véhicule qui dépasse le plafond fiscal (30 000 euros pour un véhicule électrique). Pour un véhicule électrique acheté 50 000 euros par le loueur et amorti sur 5 ans, cette part vaut 10 000 × 20 000 / 50 000 = 4 000 euros par an, réintégrés dans le résultat imposable. Le loueur indique normalement ce montant. Cette limite s’applique avant toute proratisation usage pro/perso.