Par Marjorie Gonzalez, expert-comptable inscrite à l’Ordre. Rédigé le 27 octobre 2025, mis à jour le 22 octobre 2026 (voir les mises à jour). Lecture : 7 min.
Vous exercez en libéral et vos revenus sont fortement impactés par la fiscalité et les cotisations sociales ? Comme beaucoup de professionnels de santé, vous vous demandez quel statut juridique est le plus avantageux pour protéger vos revenus et votre patrimoine. Le régime BNC séduit par sa simplicité, mais entraîne souvent une fiscalité lourde. La SELARL, de son côté, permet de disposer de nombreux leviers d’optimisation fiscale mais impose un formalisme plus exigeant. Dans cet article, Contomed vous livre un comparatif clair entre SELARL et BNC et vous aide à savoir à partir de quel seuil il devient intéressant de changer de régime.
Ce que nous entendons toutes les semaines
Je reçois des avis contradictoires sur l’intérêt de passer en SELARL, et je ne sais toujours pas à partir de quel niveau de revenu la question se pose vraiment pour mon activité.
La réponse Contomed : Le rendez-vous d’embarquement pose d’abord vos objectifs et votre vision à long terme, avant toute question de structure : le choix entre BNC et SELARL se construit ensuite sur cette base.
L’essentiel à retenir en quelques secondes
Avant de rentrer dans les détails, voici un comparatif entre SELARL et BNC synthétique et pratique pour identifier rapidement quel statut correspond le mieux à votre niveau de revenus.
La stratégie : la SELARL ne se discute que si le bénéfice dépasse nettement ce dont vous avez besoin pour vivre, car son gain vient de la part laissée dans la société. Exemple : avec 150 000 € de bénéfice et une rémunération de 70 000 € après cotisations, un médecin de secteur 1 gagne environ 18 300 € la première année tant que la réserve reste dans la société (simulation plus bas).
De manière basique en parlant de niveau de revenus :
- Bénéfice < 100 000 € → BNC : simplicité, peu de formalités, fiscalité acceptable à ce niveau.
- Bénéfice entre 100 000 € et 150 000 € → Zone charnière : la SELARL commence à présenter un avantage fiscal, mais le gain doit être comparé aux coûts et au formalisme exigé.
- Bénéfice > 150 000 € → SELARL : optimisation fiscale et patrimoniale forte grâce à l’arbitrage entre rémunération, dividendes et trésorerie conservée.
- Quel que soit le bénéfice → Accompagnement recommandé : un expert-comptable santé aide à simuler et à éviter une mauvaise décision en partant de votre besoin annuel.
Les différences concrètes entre BNC et SELARL
Au-delà du niveau de bénéfice, la vraie distinction entre BNC et SELARL se joue sur la fiscalité, les cotisations sociales, la souplesse de rémunération et le degré de formalités à réaliser. Ce tableau vous permet de visualiser rapidement leurs impacts concrets :
| Critère | BNC | SELARL |
|---|---|---|
| Fiscalité | Imposition à l’IR sur 100 % du bénéfice | Soumise à l’IS, possibilité d’arbitrer entre rémunération et dividendes |
| Cotisations sociales | Calculées sur la totalité du bénéfice | Calculées sur la rémunération versée et sur les dividendes au-delà de 10 % du capital |
| Responsabilité | Protégée depuis la réforme 2022 (séparation patrimoine pro/perso) | Limitée aux apports (sauf faute de gestion) |
| Comptabilité | Comptabilité de trésorerie (simplifiée) | Comptabilité d’engagement (plus complète) |
| Coûts de fonctionnement | Moindres | Plus élevés (comptabilité, formalités juridiques) |
| Souplesse de rémunération | Faible : bénéfice = rémunération | Forte : possibilité de lisser le revenu, conserver de la trésorerie |
| Optimisation patrimoniale | Limitée, peu de capitalisation possible | Forte : possibilité de développer un patrimoine via la société ou une holding |
Le conseil d’expert
Au-delà de la fiscalité, la vraie question à vous poser est la suivante : voulez-vous opter pour lasimplicité du BNC ou le contrôle précis que permet d’exercer la SELARL sur vos revenus et votre patrimoine ? Pour approfondir, lisez notre article complet sur les avantages et inconvénients de la SELARL.
Marjorie Gonzalez, expert-comptable Contomed
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Simulation chiffrée pour un médecin libéral
Rien ne vaut un exemple concret pour comprendre l’impact fiscal et social du choix de statut. Voici une simulation avec un bénéfice annuel de 150 000 € (médecin de secteur 1, une part fiscale, cotisations 2026 calculées avec le moteur public de l’Urssaf, impôt au barème, frais de structure non comptés), représentative d’un praticien libéral envisageant la SELARL médecin libéral.
| Scénario | BNC | SELARL |
|---|---|---|
| Résultat avant cotisations | 150 000 € | 150 000 € |
| Revenu soumis aux cotisations | 150 000 € | 94 200 € (rémunération du gérant) |
| Cotisations sociales | −34 400 € | −24 173 € |
| Impôt sur les sociétés (IS) | Aucun | −9 700 € |
| Impôt sur le revenu (IR) | −32 516 € | −14 719 € |
| Enrichissement personnel | 83 084 € | 55 308 € |
| Enrichissement de la société | Aucun | 46 100 € |
| Enrichissement global | 83 084 € | 101 408 € (+18 324 €) |
| Si la réserve est distribuée (capital de 10 000 €) | 83 084 € | Environ 87 000 € (+4 000 € environ) |
Analyse de la simulation
En BNC, la totalité du bénéfice est taxée immédiatement, sans possibilité de lisser la fiscalité. À l’inverse, en SELARL, le praticien peut limiter sa rémunération à ses besoins réels et laisser le reste en société, où il sera moins taxé. Tant que la réserve reste dans la société, le gain atteint environ 18 300 € la première année, soit environ 22 % de plus, avant frais de structure. Il fond si la réserve est distribuée : les dividendes supportent alors le PFU de 31,4 % jusqu’à 10 % du capital ; au-delà, les cotisations sociales et 12,8 % d’impôt, et le gain tombe à environ 4 000 €.

Le conseil d’expert
La SELARL prend tout son intérêt dès lors que vous n’avez pas besoin de retirer 100 % de vos revenus chaque année. C’est la clé pour capitaliser et réduire durablement votre fiscalité.
Marjorie Gonzalez, expert-comptable Contomed
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Gestion fiscale et sociale
Installation et développement en tant que libérale
BNC ou SELARL : quel statut selon votre situation ?
Le choix du statut ne dépend pas uniquement du niveau de bénéfice souhaité, mais aussi de votre situation professionnelle et de vos objectifs personnels.
Quand rester en BNC
Le BNC convient aux praticiens dont les bénéfices restent modestes et qui privilégient la simplicité administrative. C’est le régime idéal lors d’un début d’activité ou lorsque l’intégralité des revenus est utilisée à titre personnel, sans volonté de capitaliser.
Quand passer en SELARL
La SELARL devient intéressante dès lors que vos revenus dépassent vos besoins personnels. Elle permet alors de laisser de la trésorerie dans la société, moins taxée, et d’arbitrer entre rémunération, dividendes et investissements. C’est également un statut pertinent si vous envisagez de vous associer, de préparer une transmission ou de sécuriser votre patrimoine. Pour les infirmiers par exemple, la SELARL infirmier présente des spécificités intéressantes.
Avant de prendre rendez-vous
Ce qui me fait hésiter pour la SELARL, c’est de ne pas savoir ce qu’il resterait vraiment une fois l’impôt sur les sociétés, les charges et ma rémunération payés, comparé à ce que je perçois aujourd’hui en direct.
La réponse Contomed : L’arbitrage entre rémunération directe en BNC et rémunération en société se chiffre en simulant, sur vos propres montants, le revenu net disponible après impôt et cotisations dans chacun des deux scénarios.
Patrimoine et succession professionnelle : BNC ou SELARL ?
Au-delà de l’optimisation fiscale immédiate, le choix de votre statut a un impact direct sur votre capacité à investir et à préparer la transmission de votre cabinet libéral.
Le BNC : une capacité limitée à capitaliser
En BNC, la totalité des bénéfices est imposée et soumise aux cotisations sociales avant même de pouvoir être réinvestie. Chaque euro dégagé est donc amputé par la fiscalité, ce qui limite fortement la capacité d’investissement pour développer un patrimoine personnel ou professionnel.
La SELARL : un outil pour investir et transmettre
En SELARL, une partie des bénéfices peut être conservée dans la société et n’est soumise qu’à l’impôt sur les sociétés. Ces fonds peuvent ensuite servir à financer vos projets professionnels (achat de matériel, rachat de patientèle) ou patrimoniaux (immobilier via une SCI, création d’une holding). La SELARL facilite également la transmission progressive de votre activité libérale, en valorisant le capital social plutôt que les seuls revenus annuels.
Le conseil d’expert
Si vous souhaitez développer votre patrimoine ou préparer la succession de votre activité, la SELARL est un levier stratégique bien plus puissant que le BNC.
15 minutes pour vous aider à faire le meilleur choix
Marjorie Gonzalez, expert-comptable Contomed
Le choix entre BNC et SELARL ne doit jamais se faire à la légère. Le BNC reste une solution simple et adaptée lorsque l’intégralité de vos revenus est consommée chaque année ou en début d’activité. En revanche, dès que vos bénéfices dépassent vos besoins personnels, la SELARL devient un véritable outil d’optimisation.
Chaque situation est unique, avant de prendre une décision, n’hésitez pas à faire appel à un expert comptable Contomed pour identifier la stratégie la plus avantageuse pour votre activité et vos projets à venir !
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Historique des mises à jour
- 22 octobre 2026 : fiscalité de la réserve distribuée précisée : PFU de 31,4 % jusqu’à 10 % du capital, cotisations sociales et 12,8 % d’impôt au-delà.
- 21 octobre 2026 : simulation BNC ou SELARL à 150 000 € refaite avec le moteur de calcul de l’Urssaf (médecin de secteur 1, une part) : gain d’environ 18 300 € la première année tant que la réserve reste dans la société, environ 4 000 € si elle est distribuée ; cotisations sur les dividendes au-delà de 10 % du capital ajoutées au tableau ; exemple « 1,5 fois le besoin » remplacé.
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Article à vocation informative, à jour à la date indiquée : les règles fiscales et sociales évoluent chaque année. Votre situation mérite un chiffrage personnalisé.