Par Baptiste Nava, expert-comptable inscrit à l’Ordre. Rédigé le 12 octobre 2026. Lecture : 16 min.
L’essentiel à retenir
L’EI à l’IS est une option fiscale, pas une société : un médecin en entreprise individuelle fait imposer son bénéfice à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %) et se verse une rémunération imposée comme un salaire.
Le gain porte sur le bénéfice laissé dans l’entreprise. Ce qui est prélevé, en rémunération ou en dividendes, retrouve un coût proche du BNC, et le passage déclenche une cessation fiscale, encadrée depuis 2026 par l’article 151 octies D du CGI.
Ce que vous devez retenir avant de poursuivre la lecture :
- Médecin de secteur 1 à 150 000 € de revenu : 10 000 € de plus coûtent 5 269 € en BNC à 41 % de tranche marginale, contre 1 500 à 2 500 € d’IS s’ils restent dans l’entreprise.
- Distribués en dividendes, ces 10 000 € coûtent 4 169 à 4 855 € ; au-delà du seuil des 10 %, les dividendes paient aussi les cotisations.
- À revenu égal, cotisations identiques en EI à l’IS et au BNC (34 400 € pour 150 000 €, moteur de l’Urssaf).
- Secteur 1 : les déductions de 2 %, du groupe III et de 3 % sont réservées à la déclaration contrôlée et disparaissent avec l’option.
- Option à notifier avant la fin du 3e mois de l’exercice, possible depuis le micro-BNC ; renonciation possible jusqu’au 5e exercice suivant, sans retour.
- Contomed chiffre l’option sur trois à cinq exercices avec vos prélèvements réels, pour les médecins et les autres professions de santé libérales.
Ce que nous entendons toutes les semaines
Mon confrère est passé à l’IS l’an dernier et dit qu’il paie beaucoup moins. Je suis à 41 %, est-ce que je dois faire pareil avant la fin de l’année ?
La réponse Contomed : Nous partons de ce que vous prélevez vraiment chaque année. Si presque tout sort du cabinet, l’IS rapporte peu. Si une part durable reste dans l’entreprise, nous chiffrons le gain sur cinq ans, déductions du secteur 1 et coût du passage compris.
Un médecin libéral en entreprise individuelle peut faire imposer son bénéfice à l’impôt sur les sociétés sans créer de société : c’est l’option prévue par l’article 1655 sexies du code général des impôts, que l’on appelle EI à l’IS. Elle peut alléger nettement la note pour un praticien dont la tranche marginale d’imposition atteint 41 ou 45 % et qui laisse une partie de son bénéfice dans son cabinet. Elle rapporte peu à celui qui prélève tout, et le passage lui-même a un prix, que la loi de finances pour 2026 a modifié. Les règles et le calcul qui suivent reposent sur les textes en vigueur et les barèmes 2026.
EI à l’IS : ce que l’option change pour un médecin
En optant, vous demandez que votre entreprise individuelle soit assimilée, sur le plan fiscal, à une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). Vous ne rédigez pas de statuts, vous n’apportez pas de capital, votre exercice et votre conventionnement ne changent pas : seul le traitement fiscal du bénéfice change. Le BOFiP précise que cette option « emporte de plein droit option pour l’assujettissement à l’IS » et qu’elle crée une personnalité fiscale distincte de la vôtre.
Concrètement, trois flux remplacent votre BNC :
- la rémunération que vous vous versez, déduite du résultat de l’entreprise et imposée à votre nom comme un salaire, selon l’article 62 du CGI, avec la déduction forfaitaire de 10 % pour frais dans la limite de son plafond ;
- le bénéfice restant, taxé à l’IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà ;
- les dividendes, si vous sortez ensuite une partie de ce bénéfice, taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), avec une limite côté cotisations détaillée plus bas.
Le taux de 15 % est réservé par l’article 219 du CGI aux entreprises dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Une entreprise individuelle n’a pas de capital : Bpifrance Création considère que cette condition est réputée remplie et que seule compte la limite de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le BOFiP consacré au taux réduit ne traite pas le cas de l’entreprise individuelle.
L’option est réservée à l’entrepreneur individuel. Le BOFiP l’écarte pour l’associé d’une société d’exercice libéral, qui n’exerce pas en son nom propre. Si vous êtes déjà en SELARL de médecin, la question ne se pose donc pas ; si vous exercez seul et hésitez entre les deux, la SELARL unipersonnelle reste l’autre voie vers l’IS.
Ce que coûtent 10 000 € de bénéfice en BNC et à l’IS
L’intérêt de l’IS se lit à la marge : sur les derniers euros gagnés, que garde-t-on selon le régime ? Nous avons fait calculer le cas d’un médecin de secteur 1 qui dégage déjà 150 000 € de revenu professionnel et en gagne 10 000 de plus, avec le moteur de calcul publié par l’Urssaf, celui qui sert à notre simulateur de cotisations du médecin.
En BNC, ces 10 000 € supportent 1 832 € de cotisations et contributions sociales, dont 718 € de CSG-CRDS, puis l’impôt sur le revenu sur ce qui reste une fois déduites les cotisations déductibles. À une tranche marginale de 41 %, le total atteint 5 269 €, soit 52,7 % des 10 000 €. En secteur 2, avec 50 000 € de dépassements, les mêmes 10 000 € portent 3 182 € de cotisations : 6 065 € au total.
À l’IS, le même bénéfice laissé dans l’entreprise ne paie ni cotisations ni impôt sur le revenu : 1 500 € d’IS au taux de 15 %, 2 500 € au taux de 25 %. Si vous le sortez ensuite en dividendes sous le seuil de cotisations, il faut ajouter le prélèvement forfaitaire : 4 169 € au total si l’IS était à 15 %, 4 855 € s’il était à 25 %. Versé en rémunération, il redevient presque un BNC : mêmes cotisations, impôt sur 90 % de la somme tant que la déduction de 10 % reste sous son plafond annuel, ce qui est encore le cas à ce niveau de rémunération, soit 4 925 €.
Le tableau ci-dessous reprend ces montants. Le taux de 15 % ne joue que sur les 42 500 premiers euros de bénéfice imposable à l’IS : un médecin dont le bénéfice imposable à l’IS atteint déjà 42 500 € paie 25 % sur les 10 000 suivants ; entre 32 500 et 42 500 €, une partie de ces 10 000 € reste à 15 % et le reste passe à 25 %. Les montants supposent une tranche marginale constante, ignorent le quotient familial et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, et ne comptent pas les frais de comptabilité. Une tranche marginale de 30 % à ce niveau de revenu suppose un foyer à plusieurs parts.
Le conseil d’expert
Le gain de l’IS vient presque entièrement de ce que vous ne prélevez pas. À 30 % de tranche marginale, 10 000 € de BNC coûtent 4 347 €, à peine plus qu’à l’IS à 15 % puis distribués (4 169 €), et moins qu’à l’IS à 25 % puis distribués (4 855 €). Chiffrez d’abord la part du bénéfice qui restera vraiment dans l’entreprise.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Tableau comparatif : 10 000 € de bénéfice en plus, au BNC et à l’IS
| Situation (revenu de 150 000 €, barèmes 2026) | Prélèvements sur 10 000 € | Part |
|---|---|---|
| BNC, secteur 1, tranche marginale de 41 % | 5 269 € | 52,7 % |
| BNC, secteur 1, tranche marginale de 30 % (foyer à plusieurs parts) | 4 347 € | 43,5 % |
| BNC, secteur 2 (50 000 € de dépassements), tranche de 41 % | 6 065 € | 60,7 % |
| EI à l’IS, bénéfice laissé dans l’entreprise, IS à 15 % | 1 500 € | 15 % |
| EI à l’IS, bénéfice laissé dans l’entreprise, IS à 25 % | 2 500 € | 25 % |
| EI à l’IS, IS à 15 % puis dividendes sous le seuil des 10 % | 4 169 € | 41,7 % |
| EI à l’IS, IS à 25 % puis dividendes sous le seuil des 10 % | 4 855 € | 48,6 % |
| EI à l’IS, versé en rémunération, secteur 1, tranche de 41 % | 4 925 € | 49,2 % |

Dividendes : la limite des 10 % qui rattrape les cotisations
Sortir le bénéfice en dividendes plutôt qu’en rémunération ne fait pas disparaître les cotisations au-delà d’un certain montant. L’article L136-3 du code de la sécurité sociale soumet aux cotisations des travailleurs indépendants la part des dividendes, perçus par eux, leur conjoint ou partenaire de Pacs et leurs enfants mineurs, qui dépasse 10 % d’un montant de référence. Dans une société, ce montant est formé du capital social, des primes d’émission et des comptes courants d’associé. Pour un entrepreneur individuel, qui n’a ni capital ni compte courant, le texte prévoit un montant propre : « le montant net défini au I » du même article, c’est-à-dire un montant calculé selon les règles du bénéfice. Son mode de calcul pour une EI à l’IS se vérifie au cas par cas avec l’Urssaf, avant toute distribution importante.
Au-delà de ce seuil, les dividendes subissent les cotisations d’un revenu d’activité, comme une rémunération, et l’écart avec le BNC se réduit d’autant. C’est la même logique que pour les sociétés d’exercice, que nous détaillons dans notre article sur les dividendes de SELAS et les cotisations sociales. Distribuer reste possible ; distribuer tout, chaque année, efface presque tout l’intérêt de l’option.
Le moteur de l’Urssaf le confirme dans l’autre sens : à revenu égal, une EI à l’IS paie exactement les mêmes cotisations qu’une EI au BNC, prise en charge partielle par l’Assurance maladie comprise en secteur 1. Pour 150 000 € de revenu, le total ressort à 34 400 € dans les deux cas. Le levier n’est donc pas un taux de cotisations plus bas, mais une assiette plus petite.
Secteur 1 : les déductions que l’IS fait disparaître
Les médecins conventionnés de secteur 1 bénéficient, en déclaration contrôlée, de trois avantages propres décrits au BOFiP : la déduction forfaitaire de 2 % des recettes pour certains frais (représentation, réception, petits déplacements, blanchissage), la déduction du « groupe III » et une déduction complémentaire de 3 % calculée sur la même assiette. Le BOFiP les réserve aux médecins conventionnés du secteur 1 « soumis au régime de la déclaration contrôlée ».
Une EI à l’IS ne relève plus de ce régime : son résultat se détermine selon les règles de l’impôt sur les sociétés. Ces déductions, propres à la déclaration contrôlée (la première calculée sur les recettes brutes, les deux autres sur les honoraires conventionnels), ne trouvent donc plus à s’appliquer. Pour un médecin de secteur 1, le BNC servant de comparaison est plus bas qu’il n’y paraît, et l’écart du tableau se réduit d’autant. Ce poste doit figurer dans toute simulation sérieuse ; il n’existe pas pour un médecin de secteur 2.
Ce que coûte le passage depuis la loi de finances 2026
L’option n’est pas un simple changement de case. Le 4 de l’article 1655 sexies du CGI la traite comme la cessation de l’entreprise imposée à l’impôt sur le revenu, suivie du transfert de ses actifs et passifs au bilan de l’entreprise assimilée à une EURL, à leur valeur réelle au jour de l’option. Deux conséquences :
- les bénéfices non encore imposés le sont immédiatement, en application des articles 201 et 202 du CGI ;
- le transfert fait apparaître des plus-values professionnelles sur vos immobilisations, au premier rang desquelles la patientèle que vous avez constituée ou rachetée.
Ces plus-values peuvent être exonérées en tout ou partie par l’article 151 septies du CGI, sous conditions de durée d’activité et de montant des recettes. À défaut, la loi de finances pour 2026 a créé l’article 151 octies D, applicable aux options exercées à compter du 1er janvier 2026. Sur option, la plus-value sur les immobilisations non amortissables, comme la patientèle, est mise en report jusqu’à leur cession ; celle sur les immobilisations amortissables est réintégrée de façon étalée dans les résultats de l’entreprise à l’IS, la plus-value à long terme globale sur ces biens pouvant, sur option, être imposée tout de suite au taux réduit des plus-values à long terme. Cette option se formule auprès du service des impôts avant la fin du troisième mois de l’exercice concerné. Le report impose ensuite de joindre chaque année un état de suivi à votre déclaration de revenus, et l’étalement un état à la déclaration de résultat de l’entreprise.
Jusqu’au 31 décembre 2025, l’administration admettait l’application de l’article 151 octies dans ce cas, par tolérance. Le BOFiP a rapporté cette tolérance au 1er janvier 2026 : les options exercées avant cette date ne sont pas remises en cause, les nouvelles relèvent du 151 octies D.
Opter, et en sortir : délais et limites
L’option se notifie au service des impôts des entreprises du lieu de votre principal établissement, avant la fin du troisième mois de l’exercice au titre duquel vous voulez être imposé à l’IS. Pour un exercice calé sur l’année civile, c’est au plus tard le 31 mars. La notification indique la dénomination et l’adresse de l’entreprise, vos nom, prénom et adresse, et porte votre signature ; le service vous remet un récépissé.
Plusieurs sources affirment qu’il faut d’abord quitter le micro-BNC. Le BOFiP dit le contraire : l’option « n’est pas conditionnée à l’exercice préalable d’une option pour un régime réel d’imposition ». Elle vous soumet en revanche d’office aux obligations comptables de l’IS. Si vous comparez encore le micro-BNC et la déclaration contrôlée, cette comparaison vient avant la question de l’IS.
L’assimilation à une EURL est irrévocable. L’IS, lui, ne l’est pas tout de suite : vous pouvez y renoncer jusqu’au cinquième exercice suivant celui de l’option, au plus tard à la fin du mois qui précède la date limite du premier acompte d’IS de l’exercice visé. Passé ce délai, l’option devient définitive. Une renonciation est sans retour : l’entreprise ne peut plus opter de nouveau pour l’IS. Et elle entraîne en principe, elle aussi, les conséquences d’une cessation, que l’article 221 bis du CGI permet d’atténuer sous conditions.
Le conseil d’expert
N’optez pas pour essayer : l’entrée et la sortie coûtent chacune une cessation fiscale. Le calcul se fait avant le 31 mars, sur trois à cinq exercices, avec vos prélèvements réels et pas sur la seule année en cours.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Les contreparties au quotidien
Au-delà de l’impôt, l’IS change la gestion du cabinet :
- une comptabilité d’entreprise à l’IS : bilan, déclaration de résultat, acomptes d’IS, rémunération à décider et à comptabiliser, ce qui renchérit la tenue des comptes par rapport à la liasse fiscale BNC ;
- un déficit qui reste dans l’entreprise : il ne s’impute plus sur les autres revenus de votre foyer, comme le rappelle Bpifrance Création ;
- une retraite calculée sur ce que vous vous versez : moins de rémunération, ce sont moins de cotisations et donc moins de droits à la CARMF, à mettre en regard de l’épargne constituée dans l’entreprise ou d’un PER ;
- une trésorerie à piloter : l’argent laissé dans l’entreprise doit servir le cabinet ou attendre une distribution ; les méthodes de pilotage de la trésorerie en libéral s’appliquent.
Vos obligations d’entrepreneur individuel ne changent pas pour autant : depuis la loi du 14 février 2022, vos documents professionnels portent la mention « EI » ou « entrepreneur individuel » à côté de votre nom, comme le rappelle le conseil départemental de l’Ordre des médecins du Jura.
EI à l’IS, BNC ou SELARL : comment trancher
Le BNC reste le bon choix si vous consommez la plus grande partie de votre revenu ou si vous êtes en début d’activité avec un résultat encore incertain. À 30 % de tranche marginale, l’écart se joue à quelques centaines d’euros dans un sens ou dans l’autre, avant même de compter la perte des déductions du secteur 1 et une comptabilité plus lourde.
L’EI à l’IS devient intéressante quand trois conditions se cumulent : une tranche à 41 ou 45 %, un bénéfice dont une part durable reste dans l’entreprise (investissement, matériel, réserve pour un projet), et un horizon de plusieurs années sans changement de structure. Elle ne demande ni statuts ni capital, ce qui la rend plus simple à mettre en place qu’une société.
La société d’exercice prend le relais dès qu’il y a des associés, une cession de parts à préparer, ou un projet patrimonial qui passe par une holding. Notre comparatif BNC ou SELARL et notre guide sur la forme juridique d’un professionnel de santé détaillent ces cas.
Le conseil d’expert
La bonne question n’est pas « IS ou IR ? » mais « combien vais-je laisser dans le cabinet chaque année, et pour quoi faire ? ». Sans réponse chiffrée, restez au BNC et refaites le calcul l’année suivante.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Pour poser votre propre calcul, sur vos recettes, votre secteur et votre foyer, vous pouvez prendre un rendez-vous découverte avec un expert-comptable du cabinet. Les règles détaillées de l’option figurent dans la documentation officielle des finances publiques.
Focus 2026 : ce que la loi de finances change pour l’EI à l’IS
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 16, encadre le passage d’une entreprise individuelle à l’IS.
- Transfert à la valeur réelle. Pour les options exercées depuis le 1er janvier 2026, l’option entraîne la cessation de l’entreprise imposée à l’IR et le transfert de ses actifs et passifs à leur valeur réelle (CGI, art. 1655 sexies, 4).
- Report des plus-values (CGI, art. 151 octies D). Sur option avant la fin du troisième mois de l’exercice, la plus-value sur la patientèle et les autres immobilisations non amortissables est reportée jusqu’à leur cession ; celle sur les immobilisations amortissables est réintégrée de façon étalée.
- Fin de la tolérance sur l’article 151 octies. Admise jusqu’au 31 décembre 2025, elle est rapportée par le BOFiP pour les options exercées depuis le 1er janvier 2026 ; les options antérieures ne sont pas remises en cause.
Erreurs à éviter avec l’EI à l’IS
Les erreurs qui coûtent le plus viennent d’une option prise sur un seul exercice ou sur une règle mal lue.
Comparer les taux et non les montants prélevés
Un IS à 15 % ne dit rien du coût final : distribués, 10 000 € passés par l’IS à 25 % coûtent 4 855 €, plus qu’en BNC à 30 % de tranche marginale (4 347 €).
Oublier les déductions du secteur 1
La déduction de 2 %, celle du groupe III et la déduction complémentaire de 3 % sont réservées à la déclaration contrôlée. Les ignorer surestime le gain de l’IS pour un médecin de secteur 1.
Distribuer tout le bénéfice chaque année
Au-delà de 10 % du montant de référence, les dividendes paient les cotisations d’un revenu d’activité. Tout sortir ramène le coût près de celui d’une rémunération et réduit fortement l’intérêt de l’option.
Laisser passer le délai de l’option ou de la renonciation
L’option se notifie avant la fin du troisième mois de l’exercice, tout comme l’option pour le report des plus-values. La renonciation à l’IS n’est plus possible après le cinquième exercice suivant.
Avant de prendre rendez-vous
Si je passe à l’IS et que ça ne me convient pas, je peux revenir en arrière sans frais ?
La réponse Contomed : Vous pouvez renoncer à l’IS jusqu’au cinquième exercice suivant l’option, mais pas sans frais : la renonciation entraîne en principe les conséquences d’une cessation, et vous ne pourrez plus opter de nouveau. Nous chiffrons donc l’entrée et la sortie avant de décider.
Nos services. Nous accompagnons votre choix entre BNC et IS
Contomed accompagne les professionnels de santé libéraux dans le choix de leur régime fiscal et de leur structure d’exercice. Notre positionnement spécialisé permet de traiter simultanément les dimensions comptable, fiscale et juridique de votre projet, sans fragmenter le conseil.
En tant qu’expert-comptable du médecin libéral, nous intervenons à chaque phase :
- Simulation BNC, EI à l’IS et SELARL : Comparaison sur trois à cinq exercices à partir de vos recettes, de votre secteur, de votre foyer et de ce que vous comptez prélever chaque année.
- Passage à l’IS sécurisé : Notification dans le délai, chiffrage des plus-values de transfert, option pour le report de l’article 151 octies D et état de suivi annuel.
- Pilotage annuel : Arbitrage entre rémunération et dividendes au regard de la limite des 10 %, acomptes d’IS et point sur la renonciation tant qu’elle reste possible.
Tarifs clairs pour les professionnels de santé libéraux
Nos forfaits démarrent à 75 € HT par mois pour la formule BNC standard et 85 € HT par mois pour celle qui ajoute le point à six mois, le bilan annuel et la déclaration 2042. Pas de frais cachés, résiliation libre, sans engagement.
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Article à vocation informative, à jour à la date indiquée : les règles fiscales et sociales évoluent chaque année. Votre situation mérite un chiffrage personnalisé.
FAQ - EI à l’IS pour un médecin
Depuis le 15 mai 2022, un médecin qui exerce en entreprise individuelle doit faire figurer « EI » ou « entrepreneur individuel » à côté de son nom sur ses documents professionnels (article R. 526-27 du code de commerce). La mention signale le statut d’entrepreneur individuel, dont le patrimoine personnel est séparé du patrimoine professionnel, sauf exceptions prévues par la loi, qui visent notamment certaines dettes fiscales et sociales. Elle ne dit rien du régime fiscal : un médecin « EI » peut être au BNC ou avoir opté pour l’IS.
On peut opter depuis le micro-BNC, mais on n’y reste pas. Le BOFiP précise que l’option n’est pas conditionnée au passage préalable à un régime réel ; en revanche, l’IS soumet d’office l’entreprise aux obligations comptables d’une entreprise à l’IS. En cas de renonciation ultérieure à l’IS, le micro-BNC redevient applicable de plein droit si ses conditions sont remplies. Voir notre comparatif micro-BNC ou déclaration contrôlée.
L’assimilation à une EURL est irrévocable, mais l’IS peut être abandonné jusqu’au cinquième exercice suivant celui de l’option, au plus tard à la fin du mois qui précède la date limite du premier acompte d’IS de l’exercice visé. Après une renonciation, l’entreprise ne peut plus opter de nouveau pour l’IS, et la renonciation entraîne en principe les conséquences d’une cessation d’entreprise.
L’EI à l’IS ne crée aucune société : pas de statuts, pas de capital, pas d’associés possibles. La SELARL est une société d’exercice, qui permet d’accueillir des associés et de céder des parts. Fiscalement, les deux imposent le bénéfice à l’IS et appliquent la limite des 10 % aux dividendes, mais sur une base différente : capital et comptes courants en SELARL, montant net propre à l’entrepreneur individuel en EI. La rémunération suit l’article 62 en EI à l’IS, alors qu’en SELARL celle de l’activité médicale de l’associé relève en principe des BNC depuis l’imposition des revenus 2024. Notre guide de la SELARL de médecin détaille l’autre option.
Quand le médecin prélève la plus grande partie de son bénéfice, ou en début d’activité. À 30 % de tranche marginale, le gain devient incertain : dans notre calcul aux barèmes 2026, 10 000 € de BNC coûtent 4 347 €, contre 4 169 € s’ils passent par l’IS à 15 % puis sont distribués, et 4 855 € avec un IS à 25 %. Il faut aussi compter, en secteur 1, la perte des déductions propres à la déclaration contrôlée.