Vous êtes médecin libéral et vous vous interrogez sur la CARMF : combien vais-je cotiser, quels droits vais-je acquérir, et comment anticiper ma retraite ? Comme beaucoup de professionnels de santé, vous êtes confronté à un système complexe qui peut sembler opaque. Pourtant, la CARMF est au cœur de votre protection sociale : elle finance votre retraite de base, complémentaire et l’ASV, tout en couvrant l’invalidité et le décès. Bien maîtrisée, elle devient un des piliers de votre sécurité financière. Dans cet article, Contomed vous aide à en décrypter les règles et à préparer sereinement votre avenir.
Ce que nous entendons toutes les semaines
Mon appel de régularisation CARMF tombe sur des revenus de deux exercices en arrière, ceux d’une activité qui a parfois déjà changé de volume, et j’apprends le montant en ouvrant le courrier.
La réponse Contomed : L’écart entre la cotisation provisionnelle et la cotisation définitive CARMF se pilote en demandant une modulation dès que le revenu de l’année en cours s’éloigne de la base de calcul retenue par la caisse.
L’essentiel en une phrase
Vos cotisations CARMF 2026 sont d’abord appelées sur vos revenus de 2024, puis recalculées sur vos revenus 2025 dès qu’ils sont connus : c’est ce décalage, et non le niveau des taux, qui produit les rattrapages non anticipés.
- La CARMF n’a pas suivi la CARPIMKO : elle reste sur l’assiette de l’avant-dernière année (N-2) pour l’appel provisionnel.
- Seul le régime de base est recalculé puis régularisé. Le complémentaire vieillesse et l’ASV sont fixés une fois pour toutes sur l’assiette retenue, sans rattrapage ultérieur.
- Conséquence peu connue : votre cotisation définitive 2025 n’est pas figée avant le premier trimestre 2027, date à laquelle intervient l’ajustement final du taux du régime de base.
- En pratique, deux appels par an : un acompte en janvier, un solde entre mai et juillet selon la réception de votre déclaration de revenus.
Source : CARMF, livret « La CARMF en 2026 », pages 23 et 29.
ⓘ L’essentiel de l’article :
Avant d’entrer dans le détail du fonctionnement de la CARMF, voici les points clés à garder en tête pour sécuriser votre carrière et préparer au mieux votre retraite en tant que médecin libéral :
- L’affiliation à la CARMF est obligatoire pour tout médecin exerçant une activité libérale en France.
- Elle finance trois régimes de retraite (base, complémentaire, ASV) et un régime de prévoyance (invalidité-décès).
- Les cotisations sont calculées en fonction de vos revenus et du secteur dans lequel vous exercez (conventionné ou non).
- Les droits acquis sont convertis en points, qui déterminent le montant de votre future pension.
- La CARMF assure une protection indispensable, mais insuffisante seule pour maintenir votre niveau de vie à la retraite.
Comprendre la CARMF et son rôle central
Pour tout médecin libéral, la CARMF est bien plus qu’une simple caisse de retraite : elle structure votre protection sociale tout au long de votre carrière. Pourtant, beaucoup de praticiens ne connaissent que partiellement son fonctionnement et ses implications concrètes.
Qu’est-ce que la CARMF ?
La CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France) est l’organisme obligatoire qui gère la retraite et la prévoyance des médecins libéraux. Elle finance trois régimes de retraite (base, complémentaire et ASV) ainsi qu’un régime invalidité-décès couvrant les arrêts de travail prolongés, l’invalidité ou le décès.
Qui est concerné par l’affiliation ?
L’affiliation à la CARMF est automatique et obligatoire dès que vous exercez une activité libérale, qu’il s’agisse d’une installation en cabinet, de remplacements, d’expertises médicales, d’une activité privée à l’hôpital ou d’une société d’exercice libéral (SEL). Même les étudiants en médecine effectuant des remplacements sous licence sont concernés. Des dispenses sont possibles en cas de revenus très faibles (< 15 000 €/an), mais elles doivent être expressément demandées.
Le conseil d’expert
Conseil d’expert Contomed : Déclarez votre activité libérale dès son démarrage, même pour un simple remplacement, afin d’éviter des cotisations rétroactives parfois lourdes.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed

Les régimes de retraite gérés par la CARMF
Le système de retraite des médecins libéraux repose sur trois régimes distincts, tous gérés par la CARMF. Chaque régime fonctionne par points acquis grâce aux cotisations, qui seront convertis en pension lors du départ à la retraite.
Le régime de base
Obligatoire pour tous les médecins libéraux, il est financé par une cotisation proportionnelle à vos revenus. Les trimestres validés et les points acquis déterminent le montant de la pension. Même en cas de revenus modestes, une cotisation minimale permet de valider deux trimestres par an.
Le régime complémentaire obligatoire
Également obligatoire, le régime complémentaire repose sur le même principe de points. La cotisation est proportionnelle aux revenus, dans la limite de 3,5 PASS, soit 168 210 € en 2026, et elle est plafonnée à 19 849 €. Ces points viennent renforcer le montant de la pension finale.
L’ASV (Avantage Social Vieillesse)
Ce régime supplémentaire est réservé aux médecins conventionnés. Il se compose d’une part forfaitaire et d’une part proportionnelle. Pour les médecins de secteur 1, deux tiers des cotisations sont pris en charge par l’Assurance Maladie, ce qui en fait un dispositif particulièrement avantageux.
Le conseil d’expert
Conseil d’expert Contomed : Suivez régulièrement le relevé de vos points CARMF pour anticiper votre future pension de retraite et identifier à temps la nécessité de compléter vos droits par un dispositif privé.
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Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Les cotisations CARMF en pratique
Les cotisations versées à la CARMF sont calculées en fonction de vos revenus professionnels et du secteur dans lequel vous exercez. Elles sont appelées de manière provisionnelle sur la base des revenus de l’année N-2, puis régularisées quand les revenus réels de l’année N-1 sont connus.
Cotisation au régime de base
Le taux appliqué est progressif : 8,73 % sur la première tranche de revenus (jusqu’à un PASS, soit 48 060 € en 2026), puis 1,87 % sur la tranche suivante (jusqu’à 5 PASS, soit 240 300 €). La cotisation maximale du régime de base atteint 8 690 € en 2026. Une cotisation réduite s’applique les deux premières années d’affiliation.
Cotisation au régime complémentaire
Elle est proportionnelle aux revenus jusqu’à 3,5 PASS, soit 168 210 € en 2026. Le taux est de 11,8 %, et la cotisation est plafonnée à 19 849 €. Contrairement au régime de base, elle n’est pas régularisée ultérieurement.
Cotisation à l’ASV
L’Avantage Social Vieillesse comporte une part forfaitaire, qui s’élève en 2026 à 1 917 € en secteur 1 et 5 751 € en secteur 2, et une part proportionnelle assise sur le revenu conventionnel de l’avant-dernière année plafonné à 240 300 €, au taux de 1,3333 % en secteur 1 et 4,00 % en secteur 2. Pour les médecins secteur 1, deux tiers de cette cotisation sont pris en charge par la CPAM, alors que les praticiens de secteur 2 n’ont droit à aucune prise en charge.
Le conseil d’expert
Conseil d’expert Contomed : Anticipez vos appels provisionnels de cotisations dans votre trésorerie. Beaucoup de médecins libéraux sous-estiment cet aspect et se retrouvent face à des régularisations lourdes à gérer par la suite. Un point à mi exercice permet d’anticiper ces fluctuations en trésorerie qui sont anticipables.
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Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Les prestations et droits ouverts par la CARMF
La CARMF ne se limite pas au financement de la retraite : elle assure également une couverture sociale en cas d’invalidité ou de décès, et prévoit des droits pour vos proches.
La retraite des médecins libéraux
Le montant de la pension repose sur les points accumulés dans chacun des régimes (base, complémentaire, ASV). L’âge légal de départ est fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968, avec un taux plein automatique à 67 ans. Le nombre de trimestres validés influe sur le montant : en cas de manque, une décote est appliquée ; à l’inverse, des trimestres supplémentaires ouvrent droit à une surcote.
La pension de réversion
En cas de décès, le conjoint survivant (ou ex-conjoint sous conditions) perçoit une partie de la retraite du médecin : 54 % du régime de base, 60 % du régime complémentaire et 50 % de l’ASV. Pour le régime de base, un plafond de ressources est appliqué, alors que les régimes complémentaire et ASV n’imposent pas de limite.
Les indemnités journalières et invalidité
En cas d’arrêt de travail, l’Assurance Maladie prend en charge les 90 premiers jours, puis la CARMF verse des indemnités journalières dès le 91ᵉ jour, pendant 36 mois maximum. En cas d’invalidité totale et définitive, une rente annuelle est versée jusqu’à la retraite, son montant variant selon les revenus et la situation familiale.
Les prestations en cas de décès
La CARMF prévoit un capital décès forfaitaire (70 000 € en 2025) et des rentes annuelles pour le conjoint et les enfants à charge. Ces prestations assurent un soutien financier essentiel aux proches du praticien disparu.
Le conseil d’expert
Conseil d’expert Contomed :
Ne comptez pas uniquement sur la CARMF pour maintenir votre niveau de vie ou protéger vos proches. Complétez cette couverture par des contrats de prévoyance adaptés et un plan d’épargne retraite.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Avant de prendre rendez-vous
Ce qui me retient, c’est l’idée de ne reparler de mon dossier CARMF qu’une fois par an, au moment du bilan, sans échange entre-temps sur les décisions à prendre avant la clôture.
La réponse Contomed : Contomed vous met en communication directe avec un expert-comptable spécialisé qui suit votre dossier CARMF tout au long de l’exercice, et pas seulement au moment du bilan.
Optimiser sa retraite avec et au-delà de la CARMF
La CARMF, le choix de la SELARL pour le médecin, la fiscalité… autant de sujets où un expert-comptable spécialisé fait la différence.
Nos experts-comptables pour médecin libéral vous accompagnent
Si la CARMF constitue la base de la protection sociale des médecins libéraux, elle ne garantit pas à elle seule le maintien de votre niveau de vie à la retraite. Anticiper et mettre en place des solutions complémentaires est essentiel pour sécuriser vos revenus futurs.
Limites de la retraite CARMF
Même avec une carrière complète, le montant cumulé des trois régimes (base, complémentaire et ASV) reste généralement inférieur aux revenus perçus pendant l’activité. Cet écart peut représenter une perte significative pour un médecin habitué à un niveau de vie élevé.
Les compléments privés indispensables
Pour combler ce manque, plusieurs dispositifs existent : contrats de prévoyance, holding patrimoniale, contrats Madelin. Ces outils permettent d’obtenir une double sécurité : un revenu supplémentaire futur et des avantages fiscaux immédiats, puisque les cotisations peuvent être déduites du revenu imposable.
Stratégies d’anticipation
Construire une stratégie retraite passe par la diversification de vos investissements : Placement financier dans votre Holding patrimoniale, dans votre épargne individuelle, investissement immobilier (via une SCI par exemple). Plus la préparation débute tôt, plus l’effort d’épargne est maîtrisé et rentable.
Le conseil d’expert
Conseil d’expert Contomed : Réalisez un bilan retraite personnalisé pour mesurer vos droits CARMF et identifier l’écart à combler. Nous vous aidons à mettre en place une stratégie fiscale et patrimoniale sur mesure, adaptée à votre situation.
Prendre Rendez-vous
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
La CARMF est au cœur de la protection sociale des médecins libéraux : elle finance la retraite de base, complémentaire et l’ASV, tout en couvrant l’invalidité et le décès. Ses prestations restent toutefois limitées et ne suffisent pas toujours à préserver votre niveau de vie, les taux de remplacement sont souvent inférieurs à 50%. Le taux de remplacement est égal à votre revenu à la retraite sur votre revenu en activité. Il faut donc anticiper, plus vous vous y prenez tôt plus c’est simple.
Bien maîtrisée, la CARMF devient donc une base solide à compléter avec des solutions privées adaptées. Contomed vous aide à évaluer vos futurs revenus, anticiper vos cotisations et mettre en place une stratégie patrimoniale sur mesure, pour garantir des revenus stables et préserver votre qualité de vie à la retraite.
FAQ - Cotisations CARMF : base de calcul et régularisation
Sur vos revenus nets d’activité indépendante de 2024, soit l’avant-dernière année (N-2), pour l’appel provisionnel. Pour le seul régime de base, ces cotisations provisionnelles sont ensuite recalculées en fonction de vos revenus 2025 lorsque ceux-ci sont connus, à l’exception de la première année d’affiliation.
Non, et c’est une confusion fréquente. La CARPIMKO, qui couvre les infirmiers et les kinésithérapeutes, calcule depuis 2026 ses quatre régimes sur l’année précédente. La CARMF, elle, conserve l’assiette de l’avant-dernière année pour l’appel provisionnel. Un médecin et une infirmière ne subissent donc pas le même décalage.
Le régime de base uniquement. Le régime complémentaire vieillesse et l’ASV sont calculés une fois pour toutes sur l’assiette retenue et ne font l’objet d’aucune régularisation postérieure, sauf si vous avez demandé à cotiser sur un revenu estimé.
Pas avant 2027. Le recalcul de vos cotisations provisionnelles 2026 et la régularisation 2025 interviennent lors de l’appel du solde de vos cotisations 2026. Un ajustement final du taux du régime de base intervient ensuite au cours du premier trimestre 2027. C’est ce qui explique qu’un rattrapage puisse porter sur un exercice que vous considériez comme soldé.
