Par Baptiste Nava, expert-comptable inscrit à l’Ordre. Rédigé le 5 juin 2026, mis à jour le 8 octobre 2026 (voir les mises à jour). Lecture : 18 min.
L’essentiel à retenir
La taxe foncière d’un local professionnel détenu en SCI est due par la SCI, propriétaire au 1er janvier. Elle peut être refacturée au cabinet locataire si le bail le prévoit expressément, conformément à l’article R145-35 du code de commerce pour les baux commerciaux. Sa déductibilité diffère selon que la SCI est à l’IR (déduction sur revenus fonciers) ou à l’IS (charge d’exploitation). En 2025, le taux global moyen s’établit à 40,91 % sur les ~34 900 communes françaises (source DGFiP).
Pour les praticiens libéraux qui détiennent leurs murs en SCI, l’enjeu est double : bien calibrer la clause de refacturation dans le bail pour optimiser les charges déductibles BNC, et anticiper la hausse tendancielle de la taxe foncière dans le prévisionnel de la SCI. Le coefficient de revalorisation forfaitaire des valeurs locatives a été de +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024, +1,7 % en 2025 et +0,8 % en 2026, soit environ +14 % cumulés en quatre ans. Il ne s’applique pas aux propriétés évaluées selon l’article 1498 du CGI, dont les locaux professionnels comme le cabinet loué par votre SCI.
Ce que vous devez retenir avant de poursuivre la lecture :
- La SCI, propriétaire au 1er janvier, est le redevable légal de la taxe foncière, pas le praticien locataire
- Taux global moyen 2025 : 40,91 % sur ~34 900 communes (source DGFiP), des écarts de 32,82 % à Lyon à 49,54 % à Bordeaux
- La TFPB est refacturable au locataire en bail commercial ou professionnel si une clause expresse le prévoit (art. R145-35 C. com.)
- SCI à l’IR : TFPB déductible des revenus fonciers ; SCI à l’IS : TFPB déductible du résultat imposable
- La TEOM suit la TFPB sur l’avis d’imposition et est refacturable séparément au locataire
- Les revalorisations annuelles du coefficient national cumulent +14 % sur 2023-2026, mais ce coefficient ne s’applique pas aux locaux professionnels (art. 1498 du CGI), dont le cabinet de votre SCI
Ce que nous entendons toutes les semaines
La taxe foncière du local a pris 30 % en quatre ans. Je ne sais même pas si c’est à la SCI ou à moi de la payer.
La réponse Contomed : C’est la SCI, propriétaire au 1er janvier, qui reçoit l’avis et règle la taxe. Mais avec une clause dans votre bail, elle peut vous la refacturer et vous la déduire en BNC. Sur 2023-2026, le coefficient national de revalorisation des valeurs locatives a cumulé +14 %, hors votes de taux locaux, mais il ne s’applique pas aux locaux professionnels comme votre cabinet.
La SCI reçoit l’avis de taxe foncière : voici pourquoi
La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est due par le propriétaire de l’immeuble au 1er janvier de l’année d’imposition. Quand votre SCI détient le local de votre cabinet, c’est elle qui figure sur l’avis d’imposition, pas vous à titre personnel. L’avis arrive chaque automne avec sa date limite de paiement, et c’est la SCI qui règle directement le Trésor public ; au-delà de 300 euros, le paiement par prélèvement ou en ligne est obligatoire (article 1681 sexies du CGI).
Cette règle vaut quelle que soit la configuration : SCI familiale à deux associés, SCI pluriprofessionnelle entre confrères, ou SCI détenue par un praticien et son conjoint. Être soi-même locataire de sa propre SCI ne change pas le redevable légal : c’est toujours le propriétaire au 1er janvier.
Pour calculer la taxe, l’administration applique la formule suivante : valeur locative cadastrale × 50 % (abattement forfaitaire) × taux global de la commune. La valeur locative cadastrale est fixée par les services fiscaux selon les caractéristiques du bien ; elle est souvent décorrélée du loyer de marché, ce qui peut jouer dans un sens comme dans l’autre selon les secteurs.
Le conseil d’expert
Raisonner en horizon pluri-annuel : la taxe foncière n’est pas une charge fixe. Elle évolue chaque année sous l’effet de deux leviers cumulatifs : la revalorisation des valeurs locatives (coefficient national hors locaux professionnels, tarifs mis à jour par l’administration pour les locaux professionnels), et les hausses de taux votées localement. Intégrez ces deux paramètres dans votre prévisionnel SCI dès la création du montage.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Les taux 2025 : ce que les données DGFiP révèlent
Le taux appliqué à votre local dépend de la commune. Pour vous donner un ordre de grandeur objectif : le taux global moyen constaté sur les ~34 900 communes en 2025 s’établit à 40,91 % (source DGFiP, data.economie.gouv.fr, fiscalité locale 2025 ; moyenne simple non pondérée par la population). Ce chiffre agrège la part communale, la part intercommunale et les taxes annexes (GEMAPI, TSE).
Les écarts entre territoires sont significatifs. Sur des villes où Contomed accompagne des praticiens :
- Anglet : taux global 35,76 % + TEOM 10,7 %
- Bayonne : taux global 38,01 % + TEOM 10,7 %
- Lyon : taux global 32,82 % + TEOM 5,19 %
- Marseille : taux global 47,87 % + TEOM 18,1 %
- Bordeaux : taux global 49,54 % + TEOM 9,31 %
(Source : DGFiP, data.economie.gouv.fr, fiscalité locale des particuliers 2025)
Pour un local professionnel avec une valeur locative cadastrale de 8 000 euros à Marseille, le calcul donne : 8 000 x 50 % x 47,87 % = 1 915 euros de TFPB, avant TEOM. Le même local à Lyon ne génèrerait que 1 313 euros. L’écart est structurel : il faut l’anticiper dans le bilan prévisionnel SCI avant toute acquisition.
La TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) figure sur le même avis que la taxe foncière mais obéit à un régime différent : elle est assise sur la même base que la taxe foncière (le revenu cadastral, article 1522 du CGI), avec un taux propre fixé par la collectivité. Elle suit la même trajectoire de revalorisation annuelle.
La trajectoire des bases : quatre ans de hausse cumulée
Les bases locatives sont revalorisées chaque année par un coefficient national indexé sur l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre. Sur les quatre dernières années, voici les coefficients officiels appliqués aux propriétés bâties hors locaux professionnels (sources : impots.gouv.fr pour 2026 ; Assemblée nationale, rapport sur les finances publiques locales, PLF 2026, pour les années précédentes) :
- 2023 : +7,1 %
- 2024 : +3,9 %
- 2025 : +1,7 %
- 2026 : +0,8 % (reflux de l’inflation, coefficient calculé sur l’IPCH de novembre 2025)
Cumulés, ces quatre revalorisations représentent environ +14 % sur la base de calcul en quatre ans, indépendamment de tout vote de taux communal. Ce coefficient ne s’applique pas au cabinet loué par votre SCI : les propriétés évaluées selon l’article 1498 du CGI, dont les locaux professionnels, en sont exclues.
Pour les locaux professionnels, dont le cabinet loué par votre SCI, la valeur locative repose sur des tarifs par secteur d’évaluation, mis à jour chaque année par l’administration à partir des loyers déclarés (article 1518 ter du CGI). Cette mise à jour ne s’applique pas à l’établissement des bases de 2027. L’actualisation réalisée en 2022 n’est pas encore intégrée aux bases : son intégration, d’abord prévue pour 2025, est reportée aux impositions de 2027, et les écarts de valeur locative qui en résultent sont lissés par sixièmes de 2027 à 2031 (article 1518 A quinquies A du CGI). L’application de l’actualisation prévue à l’article 1518 ter, III, est suspendue à compter du renouvellement général des conseils municipaux de 2026 jusqu’à celui de 2032.
Le conseil d’expert
Fiscalité comme levier, pas comme contrainte : la revalorisation des bases est automatique et nationale, vous ne la pilotez pas. En revanche, vous pilotez la déductibilité de la charge selon le régime fiscal de votre SCI. C’est là que se joue l’optimisation réelle.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Déductibilité selon le régime fiscal de la SCI
Le traitement fiscal de la taxe foncière dépend directement du régime choisi pour votre SCI. Ce choix est structurant : il conditionne aussi la déductibilité des amortissements, le traitement des plus-values et l’optimisation long terme. Pour l’arbitrage complet entre les deux régimes, l’article SCI à l’IR ou à l’IS détaille les mécaniques et les cas chiffrés.
Sur la seule taxe foncière :
SCI à l’IR (régime de la translucidité fiscale) : la taxe foncière est une charge déductible des revenus fonciers (article 31 du CGI). Elle vient en diminution des loyers perçus par la SCI. Chaque associé déduit sa quote-part de TFPB proportionnellement à ses parts dans la SCI, au sein de ses revenus fonciers personnels. Si la SCI génère un déficit foncier (charges supérieures aux loyers), ce déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an, le surplus étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
SCI à l’IS : la taxe foncière est une charge d’exploitation déductible du résultat imposable de la société. Elle réduit la base soumise au taux d’IS (15 % jusqu’à 42 500 euros de bénéfice, 25 % au-delà). L’économie fiscale est certaine, mais elle reste dans la SCI : elle ne remonte pas directement dans votre BNC.
Le coût d’opportunité d’un statut mal choisi se paie à la retraite. Raisonner sur cinq à sept ans, en intégrant la trajectoire de vos revenus BNC et votre tranche marginale d’imposition, est indispensable avant de figer le régime. Un prévisionnel d’installation libérale solide permet de quantifier cet écart.
Taxe foncière du local professionnel : SCI à l’IR, SCI à l’IS, détention en direct
| Critère | SCI à l’IR | SCI à l’IS | Détention en direct (nom propre) |
|---|---|---|---|
| Redevable légal de la TFPB | La SCI (propriétaire) | La SCI (propriétaire) | Le praticien (propriétaire) |
| Déductibilité de la TFPB | Déductible des revenus fonciers de chaque associé (quote-part) | Charge d’exploitation déductible du résultat IS | Déductible des charges BNC si local inscrit à l’actif professionnel |
| Refacturation au locataire | Possible si clause expresse dans le bail | Possible si clause expresse dans le bail | Non applicable (praticien = propriétaire et utilisateur) |
| Effet cash refacturation | Neutre dans la SCI, économie BNC chez le praticien | Neutre dans la SCI, économie BNC chez le praticien | Déduction directe en BNC |
| TEOM | Refacturable séparément, même régime que TFPB | Refacturable séparément, même régime que TFPB | Déductible en BNC si local professionnel |
| Exonération construction neuve 2 ans | Oui, sous réserve délibération communale | Oui, sous réserve délibération communale | Oui, sous réserve délibération communale |
| Transmission et plus-value | Plus-value privée (abattement durée détention) | Plus-value professionnelle IS (moins favorable) | Plus-value professionnelle BNC (régime art. 151 septies selon recettes) |
| Impact déficit foncier | Déficit imputable sur revenu global (plafond 10 700 €/an) | Pas de déficit foncier : report sur résultats IS | Pas applicable (détention directe = BIC ou BNC) |
Refacturation au praticien locataire : la clause qui change tout
Vous êtes locataire de votre propre SCI via un bail professionnel ou un bail commercial. La taxe foncière incombe juridiquement à la SCI, mais rien n’interdit de la mettre contractuellement à la charge du preneur, à deux conditions : que le bail le prévoie expressément, et que les règles légales applicables à ce type de bail soient respectées.
Pour un bail commercial : l’article R145-35 du code de commerce (issu du décret Pinel du 3 novembre 2014) fixe la liste des charges imputables ou non au locataire. La taxe foncière et les taxes additionnelles à la taxe foncière font partie des charges expressément refacturables au locataire. La TEOM l’est également, en tant que charge liée à l’usage du local dont le locataire bénéficie directement. En revanche, certains impôts dont le redevable légal est exclusivement le bailleur ne peuvent pas être transférés (exemple : contribution économique territoriale à la charge du bailleur non exploitant).
Pour un bail professionnel : les règles sont plus souples que pour le bail commercial, la liberté contractuelle prime. La clause de refacturation est valide si elle figure dans le bail et identifie clairement les charges transférées. Il est recommandé de distinguer explicitement la TFPB et la TEOM, qui n’ont pas le même régime de déduction côté locataire.
L’effet fiscal réel de la refacturation : quand la SCI refacture la taxe foncière à votre cabinet (SEL, nom propre, SCM), deux flux comptables se créent :
- Chez la SCI : la TFPB est une charge (déductible), mais la refacturation constitue un produit imposable. Le résultat net sur ce flux est nul ou quasi-nul.
- Chez le praticien locataire : la TFPB refacturée est une charge déductible de ses charges déductibles BNC (article 93 CGI), au même titre que le loyer. Elle vient donc réduire votre assiette BNC imposable.
L’opération est souvent fiscalement neutre au niveau de la SCI, mais elle est structurante pour le praticien : sans clause de refacturation, la TFPB reste dans la SCI et n’optimise pas votre BNC. Avec la clause, vous déduisez une charge réelle dans votre exercice libéral. Pour un praticien en tranche marginale à 41 %, chaque euro de TFPB refacturé et déduit génère une économie d’impôt de 41 centimes, à laquelle s’ajoute la baisse des cotisations et contributions sociales calculées sur votre bénéfice.
Prendre rendez-vous avec Contomed pour analyser la clause de refacturation de votre bail et son impact fiscal réel sur votre BNC.
Le conseil d’expert
Optimisation pilotée plutôt que subie : la refacturation de la TFPB au cabinet locataire n’est ni automatique ni systématiquement avantageuse. Elle doit être calibrée au regard de votre TMI, du régime IS ou IR de la SCI, et de la structure de vos charges BNC. Un bail muet sur ce point laisse de l’argent sur la table.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Exonérations et abattements à connaître pour un local professionnel
Construction neuve : l’exonération de deux ans
Une construction nouvelle bénéficie d’une exonération temporaire de TFPB pendant les deux années qui suivent celle de son achèvement (article 1383 du CGI), mais son étendue dépend de l’usage du local. Pour un local autre qu’un logement, comme un cabinet médical, l’exonération ne porte que sur 40 % de la base imposable et ne s’applique pas à la part perçue par l’intercommunalité. Si votre SCI fait construire un cabinet achevé en 2025, l’exonération partielle porte sur 2026 et 2027.
Pour un logement, l’exonération est en principe totale, mais la commune peut la limiter à 40 %, 50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 % de la base pour sa part, et l’intercommunalité peut la supprimer pour la sienne. Vérifiez les délibérations locales avant de budgéter l’exonération.
Autres cas d’exonération pertinents
Les locaux professionnels en zones de revitalisation rurale (ZRR) ou dans certains dispositifs de politique de la ville peuvent bénéficier d’exonérations temporaires, sur délibération des collectivités concernées. Ces dispositifs sont rares en zones urbaines denses où se concentrent les cabinets médicaux, mais méritent d’être vérifiés pour un cabinet en zone rurale sous-dotée. Si votre SCI est créée dans le cadre d’une installation en zone sous-dotée (médecin en zone d’action complémentaire, kiné en zone insuffisamment dotée), certains dispositifs locaux d’aide à l’installation peuvent prévoir une exonération temporaire de TFPB : vérifiez auprès de la collectivité concernée avant de construire votre prévisionnel.
Les immobilisations en comptabilité libérale liées à l’aménagement du local peuvent également interagir avec la valeur locative cadastrale lors d’une révision foncière. Un cabinet transformé, agrandi ou restructuré doit faire l’objet d’une déclaration 6660-REV dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux, en ligne depuis l’espace professionnel du propriétaire sur impots.gouv.fr (rubrique « Biens immobiliers »). L’absence de déclaration n’exonère pas : les services fiscaux peuvent procéder à une évaluation d’office, souvent moins favorable que la déclaration spontanée.
Anticiper la TFPB dans le plan de financement de la SCI
La taxe foncière est une charge annuelle récurrente que tout plan de financement SCI doit intégrer dès la phase de montage. Elle se calcule sur la valeur locative cadastrale du bien acquis, pas sur son prix d’achat, ce qui peut surprendre : deux locaux achetés au même prix peuvent avoir des valeurs locatives cadastrales, donc des taxes, différentes.
Les données DGFiP permettent désormais de simuler la charge en amont : avec le taux global de la commune cible et une estimation de la valeur locative cadastrale (que le service des impôts fonciers peut communiquer sur demande), vous pouvez construire un prévisionnel réaliste. Pour un local à Bordeaux avec une valeur locative cadastrale de 7 000 euros, la TFPB s’élève à 7 000 x 50 % x 49,54 % = 1 734 euros par an, auxquels s’ajoutent 326 euros de TEOM (taux 9,31 %). Soit 2 060 euros de charge annuelle à planifier.
Ces montants peuvent augmenter chaque année avec la revalorisation des valeurs locatives (coefficient national hors locaux professionnels ; mise à jour des tarifs pour les locaux professionnels). Sur dix ans, en retenant une revalorisation moyenne de 2 % par an (simple hypothèse de calcul), la charge annuelle dépasse de plus de 20 % son niveau initial (1,02 à la puissance 10 ≈ 1,22). Le bilan prévisionnel SCI doit faire figurer cette trajectoire, pas seulement la charge de la première année. Un expert-comptable médecin rodé aux SCI de praticiens intègre ces paramètres dès le montage du dossier bancaire.
Le praticien qui finance l’acquisition via un prêt immobilier professionnel doit aussi aligner le montant du loyer facturé par la SCI de façon à couvrir : le remboursement du capital et des intérêts, la TFPB, les charges de copropriété éventuelles, et les provisions pour travaux. La trésorerie en libéral subit directement ce montage si le loyer est sous-calibré.
Cette articulation entre le financement bancaire et la fiscalité locale est au cœur du conseil que nous apportons lors d’un montage SCI profession santé. Un ratio loyer/charges mal calibré dès le départ génère soit un déficit foncier chronique (qui peut être voulu à l’IR), soit une sur-rentabilité apparente qui masque une insuffisance de trésorerie en fin d’exercice.
Sur le plan patrimonial, la SCI qui détient un local professionnel s’inscrit dans une stratégie plus large : transmission, IFI, holding. L’article créer une holding patrimoniale détaille comment articuler la SCI dans un ensemble patrimonial cohérent. La déclaration 2035 et la déclaration de revenus fonciers de la SCI à l’IR doivent être coordonnées pour éviter les doubles emplois ou les oublis de déduction.
Focus 2026 : Revalorisation des bases locatives et impact sur votre SCI
Pour 2026, les valeurs locatives des logements augmentent de 0,8 %, un coefficient calculé automatiquement sur l’inflation. Le local du cabinet suit d’autres règles.
- Coefficient 2026 : +0,8 % (article 1518 bis du CGI) Depuis 2018, le coefficient de revalorisation n’est plus voté en loi de finances : il suit l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre. Calculé sur l’IPCH de novembre 2025, il est de 1,008 pour 2026, le plus bas depuis 2021 (+0,2 %). Après +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024 et +1,7 % en 2025, le cumul atteint environ 14 % de 2023 à 2026. Sur une taxe foncière de 2 000 €, la hausse de 2026 représente 16 €, à taux inchangé.
- Le local professionnel n’est pas concerné Le cabinet loué par la SCI est un local professionnel, évalué selon l’article 1498 du CGI : le coefficient de 1,008 ne s’y applique pas. Sa valeur locative repose sur des tarifs par secteur que l’administration met à jour chaque année à partir des loyers déclarés (article 1518 ter du CGI) ; cette mise à jour est neutralisée pour les bases de 2027 (loi de finances pour 2026, article 106).
- Révision des locaux professionnels : intégration en 2027, lissage jusqu’en 2031 L’actualisation des valeurs locatives des locaux professionnels réalisée en 2022 n’a pas encore été intégrée aux bases : reportée à plusieurs reprises, elle entrera dans les impositions de 2027 (loi de finances pour 2026, article 106). L’écart entre ancienne et nouvelle valeur locative sera lissé par sixièmes de 2027 à 2031 (article 1518 A quinquies A du CGI). L’actualisation suivante est suspendue jusqu’au renouvellement des conseils municipaux de 2032.
Erreurs à éviter avec la taxe foncière en SCI
Quatre erreurs à éviter, toutes avec un impact financier ou fiscal évitable.
Bail muet sur la taxe foncière
Sans clause expresse de refacturation dans le bail, la TFPB reste une charge de la SCI non déductible en BNC pour le praticien locataire. Pour un local dont la taxe s’élève à 2 000 euros par an, un praticien en TMI à 41 % laisse ainsi 820 euros d’économie fiscale sur la table chaque année, soit 8 200 euros sur dix ans.
Oublier la TEOM dans la clause de refacturation
La TEOM figure sur le même avis que la TFPB mais suit des règles distinctes. Elle est refacturable au locataire (usage direct du service), mais doit être identifiée séparément dans le bail. Une clause qui vise uniquement la « taxe foncière » peut laisser la TEOM à la charge de la SCI sans possibilité de déduction BNC.
Sous-budgéter la revalorisation des bases
Le coefficient de revalorisation des valeurs locatives a été de +7,1 % en 2023, +3,9 % en 2024, +1,7 % en 2025 et +0,8 % en 2026, mais il ne s’applique pas aux locaux professionnels, dont la valeur locative repose sur des tarifs mis à jour par l’administration. Un prévisionnel SCI figé à la charge de la première année sous-estime la trajectoire réelle. Sur dix ans à 2 % de revalorisation annuelle moyenne, la charge augmente de plus de 20 % en valeur absolue.
Confondre taux communal et taux global
Le taux global (commune + intercommunalité + taxes annexes GEMAPI/TSE) est supérieur au seul taux communal. En 2025, la moyenne nationale est de 40,91 % en taux global (source DGFiP). Calculer la TFPB avec le seul taux communal conduit à sous-estimer la charge réelle : en 2025, l’écart entre le taux global et le taux voté par la commune est de 5 points en moyenne et de 4 points au médian (données DGFiP de fiscalité locale, 34 874 communes).
Avant de prendre rendez-vous
Est-ce que j’ai le droit de refacturer la taxe foncière à mon cabinet locataire, et est-ce que ça change vraiment quelque chose fiscalement ?
La réponse Contomed : Oui, sous condition d’une clause expresse dans le bail. Fiscalement, l’opération est neutre pour la SCI mais déductible en BNC pour votre cabinet : une économie réelle sur votre impôt personnel, proportionnelle à votre tranche marginale. Nous vérifions votre bail et calculons l’impact en rendez-vous.
Nos services. Nous accompagnons votre montage SCI de local professionnel
Contomed accompagne les professionnels de santé libéraux dans la structuration patrimoniale de leur cabinet depuis plusieurs années. Notre positionnement spécialisé permet de traiter simultanément les dimensions comptable, fiscale et juridique de votre SCI, sans fragmenter le conseil entre plusieurs intervenants.
En tant qu’expert-comptable spécialisé professions de santé, nous intervenons à chaque phase :
- Structuration fiscale de la SCI : Arbitrage IR/IS sur 5 à 7 ans selon votre TMI, vos revenus BNC et votre horizon de détention. Nous modélisons l’impact de la TFPB dans les deux régimes, avec simulation de la clause de refacturation.
- Rédaction et revue de la clause de refacturation : Nous vérifions que votre bail professionnel ou commercial prévoit expressément la refacturation de la TFPB et de la TEOM, dans le respect de l’article R145-35 du code de commerce, pour sécuriser la déduction BNC côté cabinet.
- Prévisionnel SCI et plan de financement : Intégration des charges foncières réelles (TFPB avec taux DGFiP de votre commune, TEOM, revalorisation annuelle des bases) dans le prévisionnel à 10 ans de votre SCI, avec calcul du loyer d’équilibre.
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Historique des mises à jour
- 8 octobre 2026 : chiffres non sourcés retirés ; exemples de taxe foncière recalculés et arrondis ; écart entre taux global et taux communal chiffré sur les données DGFiP 2025.
- 7 octobre 2026 : bloc 2026 et article corrigés : le coefficient de 0,8 % découle automatiquement de l’article 1518 bis du CGI, pas de la loi de finances, et ne vise pas le local professionnel ; calendrier de la révision des locaux professionnels mis à jour (intégration en 2027, lissage jusqu’en 2031).
- 7 octobre 2026 : exonération de construction neuve corrigée pour un local professionnel (40 % de la base, article 1383, II, du CGI) ; déclaration des travaux (6660-REV) et modalités de paiement précisées.
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FAQ : SCI et taxe foncière du local professionnel
Oui. Le redevable légal de la taxe foncière sur les propriétés bâties est le propriétaire au 1er janvier, c’est-à-dire la SCI. Peu importe que le local soit occupé par un locataire : l’avis d’imposition est émis au nom de la SCI. En revanche, le bail peut prévoir expressément que la TFPB est refacturée au locataire, ce qui la rend déductible en BNC pour le praticien occupant. Sans clause, la charge reste dans la SCI.
La formule est : valeur locative cadastrale x 50 % x taux global de la commune. En 2025, le taux global moyen s’établit à 40,91 % sur ~34 900 communes (source DGFiP). Les écarts sont importants : de 32,82 % à Lyon à 49,54 % à Bordeaux. Pour connaître la valeur locative cadastrale de votre futur local, vous pouvez la demander auprès des services des impôts fonciers avant l’acquisition. La TEOM s’ajoute ensuite, calculée séparément.
Oui. Dans une SCI soumise à l’IR (translucidité fiscale), la taxe foncière est déductible des revenus fonciers de chaque associé, au prorata de ses parts. Elle vient réduire la base imposable dans la catégorie des revenus fonciers. Si la déduction génère un déficit foncier, celui-ci est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an. Le surplus est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Voir aussi : SCI à l’IR ou à l’IS.
Oui. La TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères) est expressément refacturable au locataire selon l’article R145-35 du code de commerce, car elle correspond à un service dont le locataire bénéficie directement. Elle doit cependant être identifiée séparément dans le bail, distinctement de la TFPB, pour éviter toute ambiguité. Côté praticien locataire, la TEOM refacturée est déductible au titre des charges déductibles BNC, comme le loyer.
Oui, mais partielle : pour un local autre qu’un logement, l’exonération porte sur 40 % de la base imposable pendant les deux années qui suivent celle de l’achèvement, hors part de l’intercommunalité (article 1383, II, du CGI). Si le local est achevé en 2025, elle porte sur 2026 et 2027. Pour un expert-comptable médecin ou pour tout autre praticien libéral, ce point mérite vérification dès la phase de montage.