Par Baptiste Nava, expert-comptable inscrit à l’Ordre. Rédigé le 13 juillet 2026, mis à jour le 7 octobre 2026 (voir les mises à jour). Lecture : 18 min.
L’essentiel à retenir
Le régime micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes, sous un seuil de 77 700 € pour les revenus 2025 et 83 600 € pour les revenus 2026, 2027 et 2028. Cet abattement est fiscal, mais il ne s’arrête pas à l’impôt : pour les cotisations sociales d’un indépendant au micro-BNC, c’est lui qui s’applique au chiffre d’affaires, et non l’abattement de 26 % des indépendants au réel.
Pour une infirmière libérale, le poste des frais de déplacement (véhicule, kilométrage professionnel) est structurellement plus lourd que pour d’autres professions BNC. Ce poste s’ajoute aux autres charges réelles, dont le total se compare aux 34 % couverts par le forfait.
Ce que vous devez retenir avant de poursuivre la lecture :
- Seuil micro-BNC : 77 700 € pour 2025, 83 600 € pour 2026 à 2028, apprécié sur les recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année.
- Abattement forfaitaire de 34 % des recettes brutes, minimum 305 €, aucune pièce justificative à produire.
- Le forfait micro-BNC couvre 34 % des recettes, quelles que soient vos charges réelles.
- Le kilométrage professionnel se chiffre avec le barème kilométrique fiscal et se compare, avec les autres charges, aux 34 % couverts par le forfait.
- Cotisations sociales : dues quel que soit le régime fiscal choisi, sur une assiette qui diffère selon le régime : chiffre d’affaires diminué de 34 % en micro-BNC, revenu brut diminué de 26 % au réel.
- Contomed, cabinet 100 % santé, simule le point de bascule sur vos chiffres réels, kilométrage professionnel compris.
Ce que nous entendons toutes les semaines
Je suis IDEL, je roule beaucoup entre mes patients, et tous les guides micro-BNC que je trouve parlent de charges à 20 ou 25 % comme si j’étais consultante derrière un bureau.
La réponse Contomed : C’est exactement le trou que ce guide comble. Chez une IDEL, le kilométrage professionnel change le calcul : nous intégrons systématiquement ce poste dans la simulation micro-BNC vs réel, avec vos distances et votre zone d’exercice réels, pas une moyenne toutes professions confondues.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : la question mal posée pour une IDEL
La plupart des comparatifs micro-BNC traitent toutes les professions libérales de la même façon : un seuil, un abattement de 34 %, un calcul générique. Pour une infirmière libérale, ce traitement générique passe à côté du poste qui fait basculer l’arbitrage plus tôt que pour un consultant ou un avocat : les déplacements.
Une IDEL roule. Des visites à domicile, souvent en zone rurale ou périurbaine, avec un véhicule utilisé quasi exclusivement pour l’activité professionnelle. Ce poste de charges pèse directement dans la comparaison avec l’abattement forfaitaire de 34 %.
Le raisonnement pour arbitrer entre IR et IS sur 5 à 7 ans que nous appliquons aux structures sociétaires n’a pas cours ici : en exercice individuel, la question est plus simple, mais elle mérite le même sérieux. Pour la vue d’ensemble du régime BNC applicable à toutes les professions de santé, voir BNC et profession libérale. Ce guide chiffre le point de bascule sur un cas type IDEL, distingue l’abattement fiscal de 34 % des cotisations sociales URSSAF et CARPIMKO, et traite les cas particuliers propres à la profession : première année, remplacement, bascule en cours d’activité.
Le seuil et l’abattement, remis à plat pour 2026
Le régime micro-BNC s’applique de plein droit aux professionnels de santé libéraux dont les recettes HT de l’année précédente n’excèdent pas un plafond fixé par période triennale. Pour 2025, ce plafond est de 77 700 €. Pour 2026, 2027 et 2028, il est relevé à 83 600 €. Une IDEL dont les recettes de 2025 s’élèvent à 80 000 € reste donc éligible au micro-BNC en 2026, alors qu’elle aurait dépassé le seuil de 77 700 € applicable jusqu’en 2025.
Sous ce plafond, l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes brutes encaissées, avec un minimum de 305 €. Aucune pièce justificative à produire, aucun livre des amortissements, une simple déclaration complémentaire 2042 C PRO. C’est un régime déclaratif, pas comptable : vous ne déduisez rien vous-même, l’État déduit à votre place, forfaitairement, que vos charges réelles représentent 20 % ou 50 % de vos recettes.
Le conseil d’expert
L’abattement de 34 % est un plafond, pas un plancher. Si vos charges réelles pèsent 45 % de vos recettes, chaque point au-delà de 34 % est perdu fiscalement en micro-BNC. C’est précisément le calcul à faire avant de reconduire ce régime par habitude.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Abattement fiscal 34 % et cotisations sociales : deux mécaniques distinctes
L’abattement de 34 % est un mécanisme fiscal : il détermine le bénéfice imposable à l’impôt sur le revenu. Les cotisations sociales, elles, sont appelées séparément par l’URSSAF et la CARPIMKO, et restent dues quel que soit le régime. Leur assiette, en revanche, dépend du régime : pour un indépendant au réel, c’est un revenu brut diminué d’un abattement forfaitaire de 26 % (avec un plancher et un plafond) ; pour un indépendant au régime micro-fiscal (hors auto-entrepreneurs), c’est l’abattement fiscal de 34 % qui s’applique au chiffre d’affaires, et non l’abattement de 26 %.
Cette distinction se complique avec la réforme de l’assiette sociale des indépendants (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, article 18), appliquée à compter de la régularisation des cotisations de 2025. Pour une IDEL, la cotisation d’assurance maladie est appelée par l’URSSAF et non par la CARPIMKO, qui recouvre la retraite de base, la retraite complémentaire, l’ASV et l’invalidité-décès. Son nouveau barème s’applique à partir d’avril 2026, avec la déclaration des revenus 2025 (décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024). Sur l’assiette de participation de la CPAM, c’est-à-dire les revenus de l’activité conventionnée, il est de 0 % sous 9 612 € de revenus, progressif de 0 % à 8,50 % entre 9 612 € et 144 180 €, puis de 6,50 % au-delà, et l’Assurance Maladie prend en charge un taux progressif de 0 % à 8,40 %. Avant la réforme, le taux plein était de 6,5 % pour les professions libérales réglementées, praticiens et auxiliaires médicaux compris.
Le 34 % n’est donc pas un taux de cotisation : c’est un abattement, qui sert à calculer le bénéfice imposable et, en micro-BNC, l’assiette des cotisations sociales. Fiscalité comme levier, pas comme contrainte : comprendre cette distinction est la première étape avant tout calcul de bascule.
Le conseil d’expert
Les cotisations sociales d’une infirmière libérale sont dues quel que soit le régime fiscal choisi, micro-BNC ou déclaration contrôlée, mais le choix du régime change leur assiette : en micro-BNC, le chiffre d’affaires diminué de l’abattement de 34 % ; au réel, un revenu brut diminué d’un abattement de 26 %.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
Le poste qui fait basculer une IDEL plus tôt : les frais de déplacement
Une infirmière libérale en tournées à domicile a une structure de charges différente de celle d’un professionnel qui exerce sans déplacements. Les frais de véhicule (achat ou leasing, carburant, entretien, assurance, ou indemnités kilométriques calculées sur le barème fiscal officiel) forment un poste à part entière. Pour les infirmières qui envisagent une structuration en société plutôt qu’un maintien en BNC, voir société d’exercice libéral pour IDEL.
Selon le régime choisi pour ce poste, deux options existent en déclaration contrôlée : le barème kilométrique de l’administration fiscale (celui de 2026, applicable aux revenus 2025, n’a pas été revalorisé par rapport à celui de 2025), qui inclut dépréciation, entretien, carburant et assurance en un seul calcul par kilomètre parcouru ; ou les frais réels justifiés facture par facture, pertinent surtout pour un véhicule récent ou fortement utilisé. À cela s’ajoutent les charges plus classiques : matériel médical, blouses et équipement, loyer ou quote-part de local si le cabinet dispose d’un point d’ancrage, logiciels de télétransmission, assurance responsabilité civile professionnelle, formation continue obligatoire.
Lorsque les charges professionnelles réelles d’une infirmière libérale dépassent les 34 % couverts par le forfait micro-BNC, l’écart ne se voit pas immédiatement sur la feuille d’impôt : il se traduit en euros perdus, année après année, tant que le régime micro-BNC reste reconduit sans vérification.
Le conseil d’expert
Le déplacement est le seul poste qui distingue structurellement une IDEL des autres professions BNC sur ce calcul. Avant de trancher, faites le total de vos kilomètres professionnels annuels, appliquez-y le barème fiscal en vigueur pour la puissance de votre véhicule, puis comparez le résultat, avec vos autres charges, à 34 % de vos recettes.
Baptiste Nava, expert-comptable Contomed
À titre d’exemple, pour une voiture de 5 CV, le barème kilométrique de 2026 (applicable aux revenus 2025) donne, entre 5 001 et 20 000 km, la formule (d × 0,357) + 1 395, où d est la distance annuelle parcourue à titre professionnel. Pour 20 000 km, cela représente 8 535 € de charges potentiellement déductibles, soit environ 0,43 € par kilomètre ; selon la puissance fiscale, le résultat va de 7 385 € (3 CV et moins) à 9 395 € (7 CV et plus). Rapporté à des recettes de 70 000 à 75 000 €, ce seul poste couvre déjà 11 à 12 points de charges, avant même de compter les cotisations professionnelles, le matériel ou l’assurance responsabilité civile professionnelle. C’est ce calcul, fait kilomètre par kilomètre plutôt qu’en pourcentage générique, qui doit précéder toute décision de rester en micro-BNC.
Tableau comparatif : micro-BNC ou déclaration contrôlée pour une IDEL
Le calcul dépend directement du niveau de charges réelles rapporté aux recettes. Le tableau ci-dessous synthétise les repères à connaître avant d’arbitrer.
| Critère | Micro-BNC | Déclaration contrôlée (réel) |
|---|---|---|
| Seuil d’éligibilité | Recettes N-1 ou N-2 sous 77 700 € (revenus 2025) ou 83 600 € (revenus 2026-2028) | Applicable dès le premier euro sur option, obligatoire au-delà du seuil |
| Calcul du bénéfice imposable | Recettes moins abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) | Recettes moins charges réelles justifiées |
| Charges de véhicule / kilométrage | Incluses dans le forfait, non déductibles séparément | Barème kilométrique ou frais réels, déductibles au réel |
| Amortissements (véhicule, matériel) | Non applicables | Possibles sur les biens de plus de 500 € HT |
| Cotisations Madelin (prévoyance, retraite) | Non déductibles | Déductibles du bénéfice |
| Obligations comptables | Journal des recettes uniquement | Livre-journal, registre des immobilisations, déclaration 2035 |
| Charge administrative | Faible, report en 2042 C PRO | Plus lourde, généralement avec accompagnement comptable |
| Seuil de pertinence indicatif (critère fiscal ; l’assiette des cotisations sociales dépend aussi du régime) | Charges déductibles au réel, cotisations sociales obligatoires comprises, inférieures à 34 % des recettes | Charges déductibles au réel, cotisations sociales obligatoires comprises, supérieures à 34 % des recettes |
| Profil IDEL type | Cabinet fixe, faible kilométrage, matériel limité | Tournées à domicile étendues, véhicule récent ou fortement utilisé |
Première année d’activité et infirmière remplaçante
Pour une création d’activité, le régime micro-BNC s’applique de plein droit au titre de l’année de création et de l’année suivante, sauf option contraire exercée pour la déclaration contrôlée. C’est la situation la plus fréquente chez une IDEL qui démarre en tant que remplaçante avant de s’installer à son compte : les rétrocessions d’honoraires perçues sont déclarées en recettes, l’abattement de 34 % s’applique automatiquement, et la seule obligation comptable est la tenue d’un journal des recettes encaissées.
Cette simplicité a un revers pour une remplaçante qui investit dès le départ dans un véhicule dédié ou qui parcourt de longues distances entre plusieurs cabinets d’accueil : ses charges réelles peuvent, dès la première année, dépasser le forfait de 34 %. L’option pour la déclaration contrôlée reste ouverte sur simple demande, y compris en première année, si le calcul le justifie. Structurer en amont plutôt que réparer après le bilan s’applique dès le premier exercice, pas seulement une fois l’activité stabilisée.
Bascule en cours d’activité : ce qui change concrètement
Le passage du micro-BNC vers la déclaration contrôlée, ou l’inverse, n’est jamais figé. Deux déclencheurs existent : le dépassement du seuil (83 600 € pour 2026 à 2028, apprécié sur les recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année), qui bascule automatiquement en déclaration contrôlée, ou une option volontaire, exerçable chaque année, pour basculer vers le régime réel avant même d’atteindre le plafond.
Cette bascule volontaire est la décision qui mérite d’être arbitrée en connaissance de cause. Une infirmière libérale dont les recettes stagnent sous le seuil mais dont les charges réelles progressent (véhicule plus ancien à entretenir davantage, patientèle qui s’étend géographiquement, investissement en matériel) a intérêt à recalculer chaque année, pas seulement au moment du dépassement de seuil. Passer en déclaration contrôlée implique en contrepartie la tenue d’un livre-journal des recettes et dépenses, un registre des immobilisations si des biens sont amortis, et le dépôt annuel de la liasse fiscale BNC au plus tard le deuxième jour ouvré qui suit le 1er mai, avec un délai supplémentaire de 15 jours calendaires pour la télétransmission.
Autre poste souvent oublié dans le calcul : l’entretien des tenues professionnelles (blouses, tuniques) est déductible lorsque le lavage est effectué au domicile du praticien, sous forme de frais forfaitaires ou de frais réels justifiés. Ce poste, modeste isolément, s’ajoute au calcul global des charges réelles et pèse dans la balance lorsque l’écart avec le forfait de 34 % est faible. Pour le détail du traitement fiscal de ce poste et des autres charges déductibles en BNC, voir notre page dédiée aux charges déductibles BNC.
Quand cette question se pose dans votre carrière
Le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée ne se pose pas de la même façon selon la phase de carrière. Une infirmière remplaçante démarre presque toujours en micro-BNC, par simplicité et parce que ses recettes restent sous le seuil. Au passage à titulaire, avec une patientèle propre et souvent un kilométrage professionnel qui augmente, le calcul mérite d’être repris à zéro plutôt que reconduit par habitude.
Selon sa zone d’exercice, une infirmière libérale n’a pas le même profil de charges kilométriques : la densité de patientèle et la distance entre les visites pèsent directement sur le poste déplacement, donc sur le point de bascule. Cette réalité de terrain, propre aux professions de santé itinérantes, distingue une IDEL d’un praticien exerçant en cabinet fixe comme un dentiste ou un médecin, chez qui la question se traite différemment (voir micro-BNC : l’essentiel pour comprendre pour la version transversale du calcul). Structurer en amont plutôt que réparer après le bilan s’applique aussi à ce choix : une simulation faite avant l’extension d’une tournée évite une régularisation de perception a posteriori.
Pour les praticiennes dont le bénéfice dépasse durablement le seuil et qui envisagent une évolution de structure plutôt qu’un simple changement de régime fiscal, la question BNC contre société se pose en parallèle. Elle est traitée en détail dans notre guide BNC ou SELARL, utile pour situer le micro-BNC dans une trajectoire à plus long terme plutôt que comme un choix isolé.
Comment nous simulons votre bascule chez Contomed
La méthode que nous appliquons pour une IDEL ne se limite pas à comparer un pourcentage de charges au forfait de 34 %. Elle intègre le kilométrage professionnel réel de l’année, l’âge et le mode de financement du véhicule, la zone d’exercice (rurale, périurbaine, zone surdotée ou sous-dotée), et la trajectoire de recettes sur les deux à trois prochaines années. À titre d’exemple, avec des recettes de 72 000 €, l’abattement de 34 % représente 24 480 € ; pour une voiture de 5 CV, le barème kilométrique de 2026 (d × 0,427 au-delà de 20 000 km) n’atteint ce montant qu’à environ 57 300 km par an. Dans cet exemple, sous ce kilométrage, le barème seul reste inférieur à l’abattement : la comparaison se fait donc sur l’ensemble des charges réelles. Un Rendez-vous R0 permet de poser ce calcul sur vos chiffres réels avant de trancher.
Une infirmière libérale en tournées à domicile a une structure de charges différente de celle d’un praticien qui reçoit en cabinet fixe, comme un dentiste, un médecin ou un kinésithérapeute recevant en salle : le poste déplacement devient central. C’est pour cette raison qu’un comparatif générique micro-BNC toutes professions confondues ne suffit pas pour une IDEL.
Pour resituer le régime micro-BNC dans le cadre fiscal complet applicable aux professions de santé, y compris hors IDEL, notre page micro-BNC : l’essentiel pour comprendre reste la référence transversale. Comprendre ses chiffres, c’est reprendre le contrôle, et pour une IDEL cela commence par sortir des moyennes toutes professions confondues.
Le cadre réglementaire officiel du régime micro-BNC, seuils et modalités déclaratives compris, est publié sur entreprendre.service-public.gouv.fr (fiche F23267).
Erreurs à éviter avec le choix micro-BNC ou déclaration contrôlée
Cas type illustratif : Camille, IDEL en zone périurbaine
Le cas suivant est un scénario type construit à partir de situations courantes en cabinet, à des fins pédagogiques. Les chiffres sont des fourchettes plausibles, à ajuster selon votre situation.
Camille, IDEL titulaire depuis 3 ans, zone périurbaine, patientèle dispersée, recettes annuelles 72 000 euros
Situation avant
- Recettes annuelles : 72 000 €
- Régime en place : micro-BNC par défaut depuis l’installation
- Bénéfice imposable en micro-BNC : 47 520 € (abattement 34 %)
- Frais de véhicule réels estimés : 9 800 € par an
- Charges réelles totales hors cotisations sociales : environ 16 300 €
- Charges réelles rapportées aux recettes : environ 22,6 %
- Cotisations sociales obligatoires et CSG déductible, déductibles au réel (article 154 bis du CGI) : environ 12 400 € (barèmes 2026 de l’Urssaf)
Levier appliqué
Simulation comparée micro-BNC et déclaration contrôlée, cotisations sociales obligatoires comprises, kilométrage professionnel inclus, sur les barèmes 2026 de l’Urssaf (voir le simulateur de cotisations).
Situation après
- Charges déductibles au réel, cotisations comprises : environ 28 700 €, soit 39,9 % des recettes, contre 24 480 € d’abattement en micro-BNC
- Bénéfice imposable : environ 43 300 € au réel, contre 47 520 € en micro-BNC
- Assiette des cotisations sociales : 41 218 € au réel, contre 47 520 € en micro-BNC, soit environ 1 870 € de cotisations et contributions en moins (13 591 € contre 15 461 €)
- Décision : option pour la déclaration contrôlée
- Recalcul annuel programmé plutôt que reconduction automatique
- Frais de blanchissage et cotisations professionnelles intégrés au calcul de charges réelles
Lecture cabinet
Ce cas illustre le piège d’un seuil de 34 % calculé hors cotisations : à 22,6 % de charges, le micro-BNC paraît suffisant, mais au réel les cotisations sociales obligatoires se déduisent aussi, et le total dépasse l’abattement. Le seuil de bascule n’est pas non plus un chiffre unique valable pour toute la profession. Deux infirmières au même niveau de recettes peuvent avoir des structures de charges opposées selon leur zone d’exercice, l’ancienneté de leur patientèle et l’état de leur véhicule. Une simulation sur les chiffres réels, cotisations et kilométrage compris, reste le seul moyen de trancher sereinement, et elle doit être reconduite chaque année, pas figée à l’installation.
Focus 2026 : Ce qui change pour le micro-BNC des IDEL
Trois évolutions à distinguer en 2026 : le seuil du régime, le barème de la cotisation maladie et l’assiette sociale, dont la réforme ne touche pas le micro-BNC.
- Seuil du micro-BNC relevé à 83 600 € Pour les années 2026, 2027 et 2028, le plafond passe de 77 700 € à 83 600 € de recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année (article 102 ter du CGI, BOFiP BOI-BAREME-000044). Une IDEL dont les recettes 2025 dépassaient 77 700 € sans franchir 83 600 € reste donc éligible au micro-BNC au titre de 2026. L’abattement forfaitaire de 34 % ne change pas.
- Cotisation d’assurance maladie : nouveau barème Elle est appelée par l’Urssaf, pas par la CARPIMKO. Depuis avril 2026 et la déclaration des revenus 2025, son taux progresse de 0 % à 8,50 % entre 9 612 € et 144 180 € de revenus, contre un taux plein de 6,5 % auparavant. Sur les revenus de l’activité conventionnée, l’Assurance Maladie en prend en charge une part progressive, de 0 % à 8,40 % (Urssaf, taux de cotisations des auxiliaires médicaux).
- Réforme de l’assiette sociale : pas pour le micro-BNC Depuis la régularisation des cotisations de 2025, les indépendants au réel cotisent sur un revenu brut diminué d’un abattement de 26 %, encadré par un plancher et un plafond (article L. 136-3 du Code de la sécurité sociale). Au micro-BNC, l’Urssaf l’indique expressément : c’est l’abattement fiscal de 34 % qui s’applique aux recettes, et non celui de 26 %.
Erreurs à éviter avec le choix micro-BNC ou réel
Quatre erreurs sont à éviter dans le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée.
Reconduire le micro-BNC sans recalculer chaque année
Le kilométrage professionnel d’une IDEL évolue avec la patientèle et la zone d’exercice. Une infirmière qui reste en micro-BNC par habitude alors que ses charges réelles dépassent durablement l’abattement de 34 % des recettes renonce chaque année à la déduction supplémentaire correspondante, sans le voir sur sa feuille d’impôt.
Confondre l’abattement de 34 % avec le taux de cotisations sociales
Le 34 % est un abattement, pas un taux de cotisation : les cotisations sociales restent dues quel que soit le régime choisi, et leur assiette n’est pas la même en micro-BNC (chiffre d’affaires diminué de 34 %) et au réel (revenu brut diminué de 26 %). Cette confusion conduit certaines praticiennes à sous-estimer leur reste à vivre réel après charges sociales.
Ne pas tenir de justificatifs kilométriques en cas de contrôle
Même en déclaration contrôlée avec le barème kilométrique, l’administration peut demander la preuve du kilométrage professionnel réellement parcouru. L’absence de carnet de bord ou de relevé cohérent expose à une remise en cause de la déduction lors d’un contrôle fiscal.
Basculer en déclaration contrôlée sans anticiper la charge administrative
Le passage au réel implique un livre-journal, un registre des immobilisations et une déclaration 2035 annuelle à déposer au plus tard le deuxième jour ouvré qui suit le 1er mai (15 jours calendaires de plus pour la télétransmission). Sans accompagnement, cette charge supplémentaire peut annuler une partie du gain fiscal obtenu par la déduction des charges réelles.
Avant de prendre rendez-vous
J’hésite à changer de régime cette année, j’ai peur que la déclaration 2035 me prenne un temps que je n’ai pas entre mes tournées.
La réponse Contomed : C’est une inquiétude légitime et le bon moment pour la lever avant de trancher. En Rendez-vous R0, nous chiffrons d’abord le gain réel sur vos charges kilométriques et votre CARPIMKO, puis nous évaluons ensemble la charge administrative réelle une fois l’accompagnement comptable en place.
Nos services. Nous accompagnons votre choix de régime fiscal
Contomed accompagne les infirmières et infirmiers libéraux dans le choix et le pilotage de leur régime fiscal depuis plusieurs années. Notre positionnement 100 % santé permet d’intégrer les spécificités du métier, kilométrage professionnel et caisse CARPIMKO comprises, dans un calcul qui ne se limite pas à un pourcentage générique.
En tant qu’expert-comptable spécialisé professions de santé, nous intervenons à chaque étape :
- Simulation micro-BNC vs déclaration contrôlée sur vos chiffres réels : Nous calculons vos charges réelles projetées, kilométrage professionnel et cotisations CARPIMKO compris, pour objectiver le point de bascule plutôt que de reconduire un régime par défaut.
- Accompagnement au passage en déclaration contrôlée : Mise en place du livre-journal, du registre des immobilisations et de la déclaration 2035 annuelle, avec un suivi qui reste centré sur les postes propres à l’activité d’IDEL.
- Revue annuelle du régime fiscal : Chaque exercice, nous recalculons l’écart entre charges réelles et abattement forfaitaire pour vérifier si le régime en place reste le bon, en particulier en cas d’évolution de zone d’exercice ou de véhicule.
Tarifs clairs pour les professionnels de santé libéraux
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Historique des mises à jour
- 7 octobre 2026 : bloc 2026 et article corrigés : la cotisation maladie relève de l’Urssaf, pas de la CARPIMKO, et la réforme de l’assiette sociale (abattement de 26 %) ne s’applique pas au micro-BNC.
- 7 octobre 2026 : seuil de choix entre micro-BNC et réel corrigé : les cotisations sociales obligatoires se déduisent au réel (article 154 bis du CGI) ; cas type recalculé sur les barèmes 2026 de l’Urssaf, frais kilométriques recalculés sur le barème 2026, date limite de la 2035 précisée.
- 10 septembre 2026 : seuil du micro-BNC mis à jour (83 600 €)
Article à vocation informative, à jour à la date indiquée : les règles fiscales et sociales évoluent chaque année. Votre situation mérite un chiffrage personnalisé.
FAQ : Micro-BNC ou déclaration contrôlée pour une IDEL
Le seuil est de 77 700 € pour 2025, et de 83 600 € pour 2026, 2027 et 2028. L’éligibilité s’apprécie sur les recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année. Voir aussi notre page micro-BNC : l’essentiel pour comprendre.
Non. L’abattement de 34 % est un mécanisme fiscal qui détermine le bénéfice imposable à l’impôt sur le revenu. Les cotisations URSSAF et CARPIMKO restent dues quel que soit le régime fiscal choisi. Sur le plan fiscal, en revanche, l’abattement tient lieu de toutes les charges, cotisations comprises : en micro-BNC, elles ne se déduisent pas, alors qu’au réel elles sont déductibles (article 154 bis du CGI). Pour les cotisations sociales, un indépendant au micro-BNC applique l’abattement de 34 % au chiffre d’affaires, et non l’abattement de 26 % des indépendants au réel. Confondre les deux conduit à sous-estimer le reste à vivre réel après charges sociales.
Sur le plan fiscal, dès que les charges déductibles au réel dépassent 34 % des recettes, en y comptant les cotisations sociales obligatoires : elles se déduisent au réel (article 154 bis du CGI), alors qu’en micro-BNC l’abattement de 34 % tient lieu de toutes les charges. Le choix du régime change aussi l’assiette des cotisations sociales : le chiffre d’affaires diminué de 34 % en micro-BNC, un revenu brut diminué de 26 % au réel. Les frais de déplacement pèsent dans ce calcul : à titre d’exemple, pour des recettes de 72 000 € et une voiture de 5 CV, le barème kilométrique de 2026 ne dépasse à lui seul l’abattement de 34 % (24 480 €) qu’au-delà d’environ 57 300 km par an.
Oui, le micro-BNC s’applique de plein droit dès la création d’activité, y compris pour une remplaçante qui perçoit des rétrocessions d’honoraires. La seule obligation est la tenue d’un journal des recettes. Si les frais de véhicule entre plusieurs cabinets d’accueil sont élevés dès le départ, l’option pour la déclaration contrôlée reste possible sur demande.
Oui, en déclaration contrôlée, l’entretien des tenues professionnelles lavées à domicile est déductible, sous forme de frais forfaitaires ou de frais réels justifiés. Ce poste s’ajoute au calcul global des charges réelles. Voir le détail sur notre page charges déductibles BNC.